Épidémie : la gastro-entérite est déjà là

L'épidémie de gastro-entérite dépasse le seuil de 324 cas pour 100 000 habitants en France métropolitaine. Un pic quasi atteint en cette période de rentrée scolaire, alors qu'il se situe en général en janvier...

Elle dépasse de près de 20% les moyennes saisonnières : la gastro-entérite est bel et bien arrivée dans l’Hexagone, avec trois mois d’avance sur la période habituelle dont le pic se situe d’ordinaire en janvier.

L’Institut de recherche pour la valorisation des données de santé (Irsan) estime que durant la semaine du 13 au 19 octobre, l’épidémie a touché 246 359 nouvelles personnes en France métropolitaine. Un chiffre en augmentation de 13,84% par rapport à la semaine dernière (216 415).

Une tendance constante sur l’ensemble du territoire et ce, dès la fin du mois d’août :

Répartition de la hausse de l'épidémie sur les 7 derniers jours
Répartition de la hausse de l’épidémie sur les 7 derniers jours

 

” Dès la fin du mois d’aout, l’IRSAN a observé que l’incidence des gastro-entérites dépassait de près de 20% les moyennes saisonnières. Au mois d’octobre, cette incidence est toujours en forte progression. Nous sommes face à une forme d’épidémie qui arrive avec près de 3 mois d’avance sur la période habituelle dont le pic se situe généralement en janvier.” indique l’Institut dans un communiqué publié sur son site.

Évolution de l’épidémie de gastro depuis le 28 août 2016

 

Une des raisons de l’intensification de l’épidémie de gastro-entérite serait l’environnement scolaire. Laurent Toubiana, épidémiologiste et directeur de l’Irsan, l’explique dans Le Monde « La promiscuité des salles de classe a pu favoriser la propagation de l’épidémie ; les vacances permettront de le vérifier, si les consultations diminuent ».

L’Irsan précise que des incidences “élevées” ont été relevées à Perpignan, Ajaccio, Nice, Lorient, Troyes, Mulhouse, Amiens, Nîmes, Paris et Toulouse. Au cours des sept derniers jours, le taux d’incidence hebdomadaire s’évaluait à 371 cas pour 100 000 habitants.

Le « taux d’incidence » permet de comparer des zones plus ou moins peuplées. C’est un indicateur communément utilisé en épidémiologie : il représente le nombre de nouveaux cas d’une maladie apparus dans une population donnée pendant une période donnée.

Taux d'incidence (nombre de cas sur 100 000 habitants) en forte hausse depuis le début d'année 2016
Taux d’incidence (nombre de cas sur 100 000 habitants) en forte hausse depuis le début d’année 2016

 La gastro-entérite, également connue sous le nom de grippe intestinale, est une infection inflammatoire du système digestif, d’origine bactérienne ou virale. Elle se transmet essentiellement par les mains, l’eau et la nourriture contaminée. Les symptômes — vomissements, diarrhée aigüe, crampes abdominales, poussées de fièvre — durent de 24 à 72h.