Le Liban pourrait (enfin) avoir un nouveau président

Après deux ans et demi de vacance de pouvoir au Liban, l’ancien général Michel Aoun pourrait être élu Président par le Parlement le 31 octobre prochain.

La 46e réunion pourrait être la bonne. Alors qu’il tente désespérément, depuis deux ans et demi, d’élire un nouveau président, le parlement libanais pourrait parvenir à ses fin le 31 octobre prochain. Michel Aoun, qui avait jusqu’ici refusé de participer aux élections, se présentera lors du scrutin. Bénéficiant depuis ce matin du soutien de l’ancien chef du gouvernement, Said Hariri, l’ex-général a de grandes chances de l’emporter.

Chrétien maronite issu d’une famille modeste, Michel Aoun demeure une figure charismatique au Liban. Il est notamment connu pour son opposition farouche à l’envahisseur syrien entre 1988 et 1990. Alors président du gouvernement par intérim, l’ex général avait été destitué par le régime d’Hafez Al-Assad.

Le précieux soutien de Said Hariri

Michel Aoun dirige depuis 1992 le parti chrétien « Courant Patriotique Libre ». Malgré une entente avec le mouvement politique chiite du Hezbollah, il n’avait jamais été en mesure de recueillir la majorité absolue des 128 votes du Parlement, nécessaire à l’élection du président libanais. Depuis jeudi matin, la donne semble avoir changé. Le très populaire ancien premier ministre, Said Hariri, a en effet apporté publiquement son soutien à Michel Aoun. « Cette décision s’explique par la nécessité de protéger le Liban, l’Etat et le peuple mais elle dépend d’un accord » a déclaré Harrari, qui souhaite profiter de l’élection d’Aoun pour retrouver ses fonctions de chefs du gouvernement.

Un candidat chrétien partagé entre les communautés chiites et sunnites

L’annonce d’Harari n’a pas que du positif. Le Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien, pourrait voir d’un mauvais œil le soutien d’un sunnite implanté en….Arabie Saoudite, royaume en conflit avec l’Iran. La constitution libanaise devrait cependant permettre aux deux camps de s’entendre : conformément au pacte national de 1943, le président doit obligatoirement être chrétien maronite, le premier ministre sunnite et le président du parlement chiite. Reste à savoir si ses soutiens seront suffisants à Michel Aoun pour battre le président actuel du Parlement, Nabih Berri.