Malek Boutih : « il faut une vraie offensive anti‐racailles dans les banlieues »

Le député PS de l’Essonne, Malek Boutih, s’est exprimé ce matin sur RTL sur le malaise dans la police et dans les banlieues et sur ses espoirs pour la présidentielle 2017.

C’est une interview intense à la fois sur le fond et sur la forme qu’a donné Malek Boutih, député PS de l’Essonne, ce matin sur RTL au micro d’Elizabeth Martichoux. L’ancien président de SOS Racisme, qui dit comprendre les manifestations policières de ces derniers jours, a développé son analyse sur la situation dans les banlieues après le drame de Viry‐Châtillon.

Pour le député de l’Essonne, le malaise actuel dans la police ne découle pas du manque de moyens mais d’un changement radical dans le « niveau de violence » à la fois du terrorisme mais aussi de ceux qui « veulent tuer des policiers ». Il a salué d’ailleurs le travail du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve qu’il qualifie d’homme « dévoué à sa tâche » et éloigné des logiques politiciennes.

Face à cette montée inédite de la violence, il préconise d’arrêter de croire en des « gadgets » sécuritaires. Il faut arrêter de « penser qu’il suffit d’avoir des peines de plus en plus répressives pour dissuader » les délinquants et plutôt lancer une « vraie offensive anti‐racailles dans les banlieues. »

Cette offensive passe d’abord par une reconnaissance de la part de l’opinion qu’a lieu une « prise d’otage de millions de gens qui vivent dans les banlieues » par ceux qu’il appelle « des voyous ».

Il conseille également d’arrêter de « s’occuper de ceux qui sont à la marge » et de concentrer l’action autour des jeunes qui réussissent en banlieue. « La République doit s’occuper de ceux qui font des efforts, il faut aider la jeunesse de banlieue » a‐t‐il lancé. Pour cela, il est nécessaire selon lui de « retrouver les méthodes à la française » fondées sur « l’école, la discipline et la promotion de ceux qui réussissent. »

Valls comme champion de la gauche en 2017

Interrogé ensuite sur le livre polémique de Gérard Davet et Fabrice Lhomme Un président ne devrait pas dire ça, Malek Boutih l’a qualifié d’ « époustouflant » et « effondrant».

« Quand vous êtes de gauche, c’est terrible » a‐t‐il lancé, revenant sur certains épisodes du livre qui l’ont particulièrement choqué, comme le limogeage de l’ex-ministre de l’Environnement Delphine Batho en 2013. « Il y a des moments où on a le souffle coupé par ce qu’on peut lire et même des moments où j’ai été assez ému », reconnaît l’élu socialiste.

Malek Boutih a réaffirmé ne pas souhaiter la réélection de François Hollande en 2017. Ancien soutien du président de la République, Boutih reconnaît que ce temps est révolu. Selon lui, « vous avez des gens qui ont beaucoup de qualités, mais quand ils sont dans l’épreuve et dans le match, tout d’un coup il y a autre chose qui apparaît. »

Grandement déçu par François Hollande, il a « envie de pousser » la candidature du Premier ministre Manuel Valls pour 2017. Même s’il sait que ce dernier « ne veut pas » se lancer dans la course présidentielle, il le considère comme la meilleure personnalité pour relever la gauche. Mais pour Malek Boutih, il y a « non‐assistance à gauche en danger » aujourd’hui et il est indispensable de trouver une « personnalité forte » qui « offre une espérance » pour 2017.