Omar Raddad : une trace ADN relance l’affaire

Un soupçon de concordance entre une trace ADN et une empreinte génétique enregistrée au fichier national pourrait innocenter Omar Raddad.

25 ans après les faits, la célèbre affaire « Omar m’a tuer » continue de faire du bruit. Une trace d’ADN retrouvé en novembre 2015 sur la scène du crime de Ghislaine Marchal, en 1991, vient de livrer un autre nom que celui du principal suspect, Omar Raddad.

Le propriétaire d’un de ces ADN ferait partie du Fichier national automatisé des empreintes génétiques, selon une information de 20 minutes, confirmée par le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre . Ce fichier regroupe les traces des personnes condamnées ou mises en cause dans des affaires de justice au fil du temps. Des analyses sont en cours pour établir scientifiquement la correspondance à 100%. Les résultats définitifs seront communiqués dans les jours à venir.

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Omar Raddad et son avocate, Me noachovitch

En novembre 2015, quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes, deux empreintes parfaitement exploitables et deux autres partiellement, avaient été retrouvées sur deux portes et un chevron qui se trouvaient sur la scène du crime. Sur ces deux portes avait été écrit “Omar m’a tuer” et “Omar m’a t” avec le sang de la victime.

De premières analyses avaient récemment permis de déterminer que ces traces ne correspondaient ni au profil génétique d’Omar Raddad, ni à celui de plusieurs personnes que l’avocate du « petit jardinier marocain », Me Noachovitch avait désignées à la justice comme étant susceptibles de pouvoir avoir été impliquées dans l’affaire.

Une réponse dès demain?

Me Noachovitch a eu connaissance du nom de la personne désignée par ce recoupement d’ADN. Cette derniere se dit pressée « d’avoir une réponse dès demain, ou au plus tard lundi, dès le retour des résultats du laboratoire “, avant d’ajouter :

 « Ce sera à la justice d’avancer en auditionnant la personne »

Cet ADN ne mènera pas pour autant nécessairement à l’assassin de la riche veuve de Mougins (Alpes-Maritime), qui aurait tracé « Omar m’a tuer » en lettre de sang, juste avant de mourir. En effet les pièces à conviction ont été manipulées par de nombreuses personnes et exposée durant le procès devant les assises, selon Jean-Michel Prêtre, le procureur de Nice chargé de l’enquête.

Grâce partielle en 1998

Omar Raddad avait été condamné en 1994 à dix-huit ans de prison pour le meurtre de son employeuse Ghislaine Marchal. Elle avait été tuée à coups de couteau le 23 juin 1991 dans sa propriété. Le jardinier marocain avait bénéficié en 1998 d’une libération conditionnelle à la suite d’une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac.

Omar Raddad à sa sortie de prison en 1998, avec son avocat de l'époque, Jacques Vergès
Omar Raddad à sa sortie de prison en 1998, avec son avocat de l’époque, Jacques Vergès

« Le petit jardinier marocain » est toujours considéré comme coupable au nom de la justice. D’autres traces ADN ne correspondant pas à celles de M. Raddad avaient déjà été retrouvées sur le lieu du crime, mais la justice lui avait refusé en 2002 un nouveau procès. Ce n’est que grâce à une nouvelle loi en date du 20 juin 2014, qui a assoupli les conditions de révision d’un procès criminel, qu’une nouvelle instruction avait pu avoir lieu.

CM avec l’AFP