Primaire EELV : après le premier tour, surprise, critiques et appel à l’unité

Primaire écolo : l’élimination de l’ancienne ministre du Logement  et figure du parti Cécile Duflot a beaucoup fait réagir.

Les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi se sont qualifiés mercredi 19 octobre pour le second tour de la primaire organisée par Europe Ecologie‐Les Verts (EELV). A la surprise de nombreux commentateurs, la favorite et ancienne ministre Cécile Duflot a été éliminée. Un premier tour surprenant donc, qui a relancé dès ce matin de vieilles querelles, et poussé Yannick Jadot à appeler à l’unité du parti.

Les critiques les plus acerbes sont venues d’un ancien membre d’EELV, Jean‐Vincent Placé, qui voit dans cette issue du premier tour la preuve de « l’ingratitude des Verts » envers Cécile Duflot. Sur France 2 ce matin, le secrétaire d’Etat a rendu hommage à celle qui était considérée comme favorite de ce scrutin. « Cécile Duflot était évidemment la plus connue et de loin la meilleure » a‐t‐il déclaré.

Placé a également fustigé la tendance « suicidaire » du parti écologiste, qu’il a quitté cette année en entrant au gouvernement. Selon lui, le parti écologiste a un « côté coupeur de têtes » qui continuera au second tour. « Yannick Jadot est le plus connu des deux, j’ai l’impression qu’ils vont encore éliminer le plus connu. C’est un système de repli sur soi » a‐t‐il expliqué. 

« On tourne la page Cécile Duflot »

En désaccord complet avec cette vision, Cécile Duflot, Barbara Pompili, secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, ex‐EELV, a au contraire chargé l’ancienne ministre du Logement, qui selon elle « paie le fait d’avoir trop montré qu’elle était dans une stratégie personnelle.» «Aujourd’hui on tourne la page Cécile Duflot » , a lâché Barbara Pompili sur Lci.

Et Daniel Cohn‐Bendit, cofondateur d’Europe Écologie‐Les Verts, n’a pas dit autre chose, sur Europe 1 : «Les écolos qui ont voté, 12.000 personnes, n’ont pas fait payer à Cécile Duflot, comme maintenant, certains essaient de le dire, sa participation au gouvernement, non, ils lui ont fait payer le +moi, moi, moi+: s’il y a un gouvernement, c’est moi évidemment qui décide, pour sortir du gouvernement c’est moi Cécile Duflot qui décide, pour la circonscription, la meilleure c’est pour moi, c’est toujours pour moi. Donc ils lui ont fait payer que, Europe Écologie, c’était elle et c’est la catastrophe politique, donc ils l’ont éjectée.»

Le favori Yannick Jadot en mission pour l’unité

En même temps sur franceinfo, Yannick Jadot appelait lui à l’unité de son parti. L’ancien militant de Greenpeace a déclaré vouloir « rassembler toute la famille écologiste pour construire un nouveau contrat entre l’écologie politique et les Français ».

Arrivé en tête avec 35,61% des voix, l’eurodéputé a avoué ne pas être « particulièrement surpris par (s)on score » qui, selon lui, se profilait « depuis des mois .»

Il adopte également une posture assez originale en assumant parfaitement le poids du parti écologiste aujourd’hui. Et affirme qu’il est évident que les écologistes n’accèderont pas au pouvoir en 2017. Par contre, il se dit décidé à « éclairer l’avenir, protéger la nature et la planète » et « de transformer votre vie quotidienne au mieux. »

Pour Yannick Jadot, l’objectif premier de cette campagne est de s’émanciper du quinquennat Hollande et de remettre l’écologie au centre de son discours. Dans cette logique, il a assuré qu’ « il n’y aura pas d’accord avec les socialistes » pour les législatives.