Production de vin 2016: l’une des plus basse depuis 20 ans

Après une année climatique difficile, l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) publie ce jeudi les chiffres de la production mondiale de vin en 2016 mettant en avant une baisse de 5% en un an.

 

 

C’est l’une des “plus faibles production depuis 20 ans”, s’alarme l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) dans son rapport publié ce jeudi. Cette année, les 7,4 millions d’hectares de vignes plantées sur la planète auront donné 259 millions d’hectolitres de vin, soit un recul de 5% par rapport à 2015, selon les estimations de l’OIV, basée à Paris.

Cette production recouvre des situations “très contrastées, conséquences des évènements climatiques” a précisé l’organisme intergouvernemental. Principale raison : la météo, invoque Jean‐Marie Aurand, directeur général de l’OIV lors d’une conférence de presse:

“Le phénomène climatique El Nino semble être de retour en Amérique Latine où la production a été affectée par des conditions climatiques assez exceptionnelles, avec beaucoup de pluie”

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L’Italie premier producteur

Dans ce contexte, l’Italie devrait maintenir sa place de premier producteur mondial avec 48,8 millions d’hectolitres (-2% par rapport à 2015), suivie par la France (41,9 millions d’hectolitres, -12%).

Parmi le trio de tête, “seule l’Espagne avec environ 37,8 millions d’hectolitres progresse légèrement (+1%)”, relève l’OIV. Les Etats‐Unis sont en quatrième position avec 22,5 millions d’hectolitres (+2%) et l’Australie occupe la cinquième place mondiale (12,5 millions d’hectolitres, +5%).

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L’hémisphère sud en difficulté, la Chine en profite.

Dans la plus grande partie de l’hémisphère sud, on observe en effet un net recul des productions. L’Argentine baisse de 35% à 8,8 millions d’hectolitres (Mhl), ce qui fait dégringoler le 5e producteur mondial au 9e rang. Le Chili baisse de 21% à 10,1 millions d’hectolitres. Le Brésil réduit de moitié sa production à 1,4 million.

L’Afrique du Sud, exposée à une longue sécheresse, tombe pour la première fois depuis 2011 au dessous des 10 Mhl, à 9,1 Mhl (-19%).

La Chine profite d’ailleurs des déboires latino‐américains pour remonter dans le classement, devenant le 6e producteur mondial cette année alors qu’elle n’a pas augmenté sa production par rapport à 2015 (11,5 M hl). Alors que les plantations de vignobles se poursuivent, notamment près du désert de Gobi, son potentiel de production va encore se développer puisque le Plan chinois prévoit la production de 16 Mhl en 2020, a souligné Jean‐Marie Aurand.

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En Europe, on observe aussi de grandes fluctuations en fonction du climat. La production française a chuté de 12%, le vignoble ayant été touché par toutes sortes d’indices climatiques hors norme: gel, inondations ou sécheresse.

La production mondiale est finalement loin du chiffre de 2013, établie à 276,6 millions d’hectolitres: un cru record à l’époque.

 

Vincent Lamhaut