Qui soutient (encore) Donald Trump?

Pour la énième fois, Donald Trump a suscité l’indignation, mercredi. Dans le débat présidentiel qui l’opposait à Hillary Clinton, il a qualifié la candidate démocrate de « vilaine femme ».  Habitué de ce genre de sorties, le candidat républicain à l’élection présidentielle perd ses soutiens un à un.

Mysogynie, xénophobie, racisme. Dans la course qui le mène à l’élection présidentielle du 8 novembre, Donald Trump n’a cessé depuis le début de la campagne de rendre à ses soutiens la vie compliquée…

En juillet, il faisait campagne avec un montage photo montrant des soldats nazis. Il accusait ensuite les immigrés clandestins d’origine mexicaine d’être des « violeurs » et des « criminels ». Mais un pas a été franchi début octobre, quand le Washington Post a diffusé une vidéo, vieille de dix ans. On y voit le milliardaire discuter avec un présentateur dans les coulisses d’une émission, évoquant sa manière douteuse d’aborder les femmes dans un langage sexiste et vulgaire. «Quand on est une star, elles nous laissent faire. On fait tout ce qu’on veut», se réjouissait-il.

 

La fronde des républicains

Des images qui ont scandalisé au sein du camp républicain, au point que certains ont annoncé qu’ils ne voteront pas pour Donald Trump. Parmi eux, un soutien de poids: Arnold Schwarzenegger. « Pour la première fois depuis que je suis devenu citoyen en 1983, je ne voterai pas pour le candidat républicain à la présidentielle », a‑t-il tweeté le 8 octobre.

Les anciens candidats à l’élection présidentielle, Mitt Romney et John McCain, eux, ne mâchent pas leur mot à l’égard de l’homme d’affaires.

« Le comportement de Donald Trump cette semaine, qui s’est conclu avec la révélation de ses propos avilissants concernant les femmes et ses vantardises d’agressions sexuelles, rend impossible de continuer à soutenir, même de façon conditionnelle, sa candidature», s’est offusqué John McCain, dans un communiqué.

«Faire des avances à une femme mariée? Cautionner une agression? C’est tellement dégradant pour nos femmes et nos filles. Cela dégrade l’image de l’Amérique aux yeux du monde», s’est indigné Mitt Romney sur Twitter.

Autre défection hautement symbolique : Paul Ryan, le président de la chambre des Représentants. Il s’est dit «écœuré» par les propos du candidat, ajoutant que «Les femmes doivent être défendues et admirées, pas traitées comme des objets ».

Désormais, ils sont 160 élus républicains à annoncer qu’ils ne voteront pas pour Donald Trump en novembre.

 

Les célébrités unies contre Trump et l’abstention

Cette liste d’hommes politiques vient s’ajouter aux nombreux artistes, qui incitent les Américains, depuis septembre, à se déplacer jusqu’aux urnes pour voter. « Save the day » (« Bloquez votre journée »), c’est le nom d’un mouvement porté, entre autres, par Mark Ruffalo, Robert Downey Junior et Scarlett Johansson.

Dans une vidéo qu’ils ont tournée avec une poignée d’autres acteurs hollywoodiens, ils critiquent Donald Trump sans aucune ambiguïté, sans toutefois jamais le mentionner. Don Cheadle, qui s’est illustré pour ses rôles dans les films Ocean’s, Avengers et Iron Man 2, évoque ainsi « un lâche raciste et abusif qui pourrait endommager de manière permanente la fabrique de notre société ».

Robert De Niro, lui, est allé plus loin, indiquant dans une allocution filmée qu’il voulait lui « casser la gueule », n’hésitant pas non plus  à le qualifier de « porc », de « chien » et d’«escroc».

https://www.youtube.com/watch?v=KQ1WMQbAbrQ

Cette vidéo a été tournée dans le cadre de la campagne « Vote Your Future » (« Votez pour votre avenir »), soutenue par de nombreux acteurs dont Julia Roberts, Leonardo Di Caprio et Samuel L. Jackson. Ils invitent les Américains à s’inscrire sur les listes électorales

 

 

Des soutiens venus de l’étranger

Qui soutient, donc, (encore) Donald Trump ? Dans son pays, il ne reste que quelques stars du show business, comme l’ancien boxeur Mike Tyson, qui appelle à « essayer quelque chose de nouveau », ou encore Chuck Norris, qui estime « qu’il fera des changements positifs qui bénéficieront aux personnes qui en ont le plus besoin ». Le catcheur Hulk Hogan et l’ancien basketteur Dennis Rodman figurent aussi parmi ses supporters.

A l’étranger, il s’est attiré les sympathies de dirigeants autoritaires. Considéré comme « un homme brillant et plein de talents » par Vladimir Poutine, Viktor Orban, le Premier ministre de la Hongrie pense que « Trump, c’est la meilleure option pour mettre fin au terrorisme».

En Europe, des leaders d’extrême-droite comme Marine Le Pen, la présidente du Front national, ou Nigel Farage, le chef du parti indépendantiste UKIP, lui ont déjà témoigné leurs soutiens.