Ras-le-bol policier : Nicolas Sarkozy passe à l’offensive

L’ancien président de la République et candidat à la primaire de la droite Nicolas Sarkozy, interviewé ce matin sur Europe 1, s’est exprimé sur le malaise dans la police et a attaqué ses opposants politiques, à gauche comme à droite.

 

Nicolas Sarkozy durcit encore un peu plus le ton. Alors que les manifestations de policiers se multiplient partout en France, le candidat à la primaire de la droite leur a répété son soutien tout en fustigeant le gouvernement actuel, osant même qualifier Bernard Cazeneuve de « ce qui nous sert de ministre de l’Intérieur ».

« Je comprends la colère des policiers » a‑t-il déclaré au micro de Jean-Pierre Elkabache. Ces derniers fournissent, selon lui, un effort considérable face à la montée de la délinquance et dans la lutte contre le terrorisme et souffrent du laxisme du pouvoir actuel.

Il en a profité pour attaquer le Premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui avait dénoncé la « patte » du Front National dans les dernières manifestations de policiers. « Je me demande s’il n’est pas tombé sur la tête », a‑t-il commenté, ajoutant que le malaise dans la police est une « réalité ».

« Les policiers sont épuisés, ils arrêtent toujours les mêmes personnes sans que celles-ci n’aillent en prison. (…) Je n’ai jamais vu notre pays dans un tel climat de perte d’autorité générale » a‑t-il analysé.

La solution se trouve selon lui dans un durcissement de la politique pénale qui commence par le rétablissement des peines planchers, notamment pour « ceux qui agressent les fonctionnaires de police ». Il propose également de revenir aux tribunaux correctionnels pour mineurs et de supprimer l’excuse de minorité pour ceux de 16 à 18 ans.

Nicolas Sarkozy a tenu à défendre la suppression de 9.000 postes de policiers qui avait eu lieu pendant son quinquennat, en déclarant que « la sécurité n’est pas un problème d’effectifs » mais « un problème de chaîne pénale ». «J’ai entendu hier le ministre de l’Intérieur, enfin ce qui nous sert de ministre de l’Intérieur, qui a osé dire, honte sur lui, qu’après quatre ans et demi au pouvoir, c’est moi qui étais responsable des manifestations de policiers? Mais est-ce que M. Hollande sait qu’il est président de la République depuis quatre ans et demi?», a‑t-il également lancé.

Sa famille politique en prend également pour son grade, un mois tout juste avant le premier tour de la primaire. Il a notamment appelé François Bayrou (MoDem) et le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde à « respecter la règle de la primaire » et de soutenir le vainqueur même si leur favori, Alain Juppé, était battu. Cette attaque intervient quelques jours après que M. Lagarde et de nombreux élus centristes ont officialisé leur soutien à Alain Juppé.