INTERACTIF. Le Sénat retoque la stratégie économique de France Télévisions

La commission des Affaires culturelles du Sénat a émis un avis défavorable sur l'adoption du Contrat d'objectifs et de moyens (COM) du groupe France Télévisions pour 2016-2020.

C’est une nouvelle rebuffade pour France Télévisions. Ce mercredi, la commission de la Culture du Sénat a exprimé un avis défavorable sur le COM 2016–2020 du groupe public, suivant la recommandation de son rapporteur, Jean-Pierre Leleux (LR).

Cette feuille de route prévisionnelle qui fixe les objectifs budgétaires et la stratégie de l’entreprise audiovisuelle pour les années à venir a été jugée irréaliste et risquée. “Le projet de COM n’engage pas assez franchement la réforme de l’entreprise concernant en particulier les effectifs de France 3, la mobilisation de la filière interne de production et la réduction du coût des achats de programmes” a estimé le sénateur de Les Républicains.

L’absence d’une réforme de la contribution à l’audiovisuel public, réclamée par France Télévisions, “met en danger” le rendement de France Télévisions et fragilise le financement des 215 millions d’euros supplémentaires prévus sur la durée du plan, selon le sénateur.

À la tête du groupe télévisuel depuis plus d’un an, Delphine Ernotte pariait sur la baisse “limitée” des revenus publicitaires engrangés par le groupe. Mais également sur une hausse des revenus publics représentés principalement par la redevance audiovisuelle. Une hausse peu probable : les sénateurs estiment que la redevance pourrait diminuer dans les années à venir.

Les choix politiques — voire dans certains cas l’absence de choix — ne sauraient engager la majorité qui aura la charge de conduire la politique de la Nation après 2017, Jean-Pierre Leleux, rapporteur au Sénat du COM 

La question d’un COM applicable pendant cinq ans, qui entrera en vigueur peu de temps avant les échéances électorales de 2017, reste entière.

Le rapport a également pointé “la dégradation du climat social [constituant] un frein aux réformes de l’entreprise”, alors que les conflits s’enchaînent entre salariés et dirigeants.

Retour en quelques points sur ces conflits  :

Le projet, qualifié de “provisoire” par le rapporteur, devra être “remis à plat d’ici quelques mois sur la base d’un vrai projet stratégique”.

 

Avec AFP.