L’Afrique du Sud annonce son retrait de la Cour Pénale Internationale

La Cour Pénale Internationale affaiblie par le départ de la première puissance économique du continent africain
La Cour Pénale Internationale affaiblie par le départ de la première puissance économique du continent africain

Deux retraits en dix jours. Après le Burundi, c’est au tour de l’Afrique du Sud d’annoncer ce vendredi, sa volonté de quitter les membres de la Cour Pénale Internationale (CPI). Ces retraits pourraient se multiplier : la Zambie et le Kenya ont déjà évoqué cette possibilité.

Omar el-Béchir au cœur de la contestation

En 2015, l’Afrique du Sud s’était retrouvée au cœur d’une vive polémique à l’occasion de la visite à Johannesburg d’Omar el-Béchir pour un sommet de l’Union africaine (UA). Les autorités sud-africaines avaient alors refusé d’arrêter le chef de l’Etat soudanais, recherché pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour, une région de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis plus de dix ans. L’Afrique du Sud s’était défendue en expliquant que M. Béchir bénéficiait, de part sa fonction, d’une immunité. C’est précisément cette affaire qui a justifié la décision de la première puissance économique du continent de se retirer de la CPI.

“Une sorte de chasse raciale”

Mais la protestation de certains États du continent s’inscrit dans un contexte plus large. Un grand nombre de pays africains accusent l’institution de discrimination et de néocolonialisme. L’Union Africaine avait qualifié début 2016, l’action de la CPI “d’une sorte de chasse raciale”. Depuis son entrée en fonction en 2003, la cour a ouvert dix enquêtes dans neuf pays, dont huit sont en Afrique.

En janvier 2016, l’Union Africaine, réunie à Addis Abeba, avait adopté une proposition pour un retrait collectif des pays africains. Mais en juillet, lors d’un nouveau sommet, le Sénégal, le Nigeria et la Côte d’Ivoire s’y étaient opposés.

CAM avec l’AFP