Finie la fraude au stationnement à Paris

La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé que les places de stationnement payantes de la capitale seraient confiées à des prestataires extérieurs d’ici 2018 dans un entretien au JDD paru le 23 octobre. Un moyen de lutter contre la fraude à grande échelle.

9% seulement des automobilistes payeraient le stationnement de leur véhicule à Paris. C’est l’estimation faite par Anne Hidalgo dans les pages  du JDD du 23 octobre. L’édile s’est insurgée que les 91% restants ne mettent pas d’argent dans les parcmètres, précisant que “cela représente chaque année pour la ville un manque à gagner de 300 millions d’euros : l’équivalent du coût annuel de fonctionnement de toutes les crèches parisiennes !”

Pour lutter contre la fraude, la maire de la capitale souhaite externaliser l’opération de contrôle du stationnement. Mais la mairie continuera à fixer les tarifs et à percevoir les recettes. Le tarif des 2 heures de stationnement restera par exemple le même — 4 €/h dans le centre de Paris.

Cette réforme s’inspire, selon ses initiateurs, d’autres grandes villes, comme celle de Madrid. Dans la capitale espagnole, la délégation à une entreprise privée a payé : plusieurs centaines de millions d’euros sont générés chaque année et servent à financer les services publics, selon Mme Hidalgo.

“Moderniser les pratiques de contrôle”

Dans les faits, 140000 places de stationnement en surface seront concernées à Paris par ce contrôle privé. Pour éviter toute situation de monopole, défend la mairie, le marché sera divisé en trois lots géographiques, comptant chacun environ 50000 places de stationnement payant, et un même gestionnaire ne pourra remporter que deux lots au maximum. Un partage similaire à celui des fourrières, gérées par cinq sociétés privées différentes dans la capitale. Ces prestataires auront la tâche de “moderniser les pratiques de contrôle”, notamment en utilisant des moyens numériques et automatisés, afin de mieux lutter contre les fraudes.

Stationnements parisiens : bientôt le passage de public au privé

Nathalie Kosciusko-Morizet, à la tête de l’opposition municipale, s’est dite favorable à la mesure. Le Parti de Gauche a en revanche lancé une pétition contre la “privatisation des PV” pour dénoncer le projet de la maire. Le Conseil de Paris se prononcera sur cette réforme dès la mi-novembre et son entrée en vigueur est prévue pour janvier 2018. Dernier répit pour les fraudeurs.

 

Stationnement à Paris : Haro sur les mauvais payeurs