“Jungle” de Calais : l’évacuation a débuté

Les opérations d’évacuation de la "Jungle" de Calais menées par le gouvernement français ont débuté lundi 24 octobre.

“Bye, bye Jungle”, ont-ils crié en quittant les lieux avec sacs et valises. Le premier autocar a quitté la “Jungle” de Calais lundi à 7 heures. A son bord : 50 Soudanais, qui ont pris la direction d’un Centre d’accueil et d’orientation (CAO) en Bourgogne.

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Dès 6 heures, plusieurs femmes et hommes faisaient la queue devant le hangar servant de quartier général à l’opération d’évacuation. Ils ont ensuite été répartis en quatre files en fonction de leur situation personnelle : familles, adultes seuls, personnes vulnérables et mineurs. Après entretien, chacun a choisi deux régions françaises parmi les onze accueillant des migrants (la Corse et l’Île-de-France ne sont pas concernées).

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En tête de file, Bachir, un Soudanais de 25 ans, attendait depuis 4 heures du matin pour être évacué, “n’importe où en France” plutôt que de rester sur place. Bachir fait partie des 6.000 à 8.000 migrants qui devraient être acheminés par autocar vers l’un des 451 CAO répartis dans toute la France.

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Infographie AFP

Aux soixante autocars de lundi devraient s’ajouter quarante-cinq autocars mardi et quarante mercredi. Objectif : vider la “Jungle”, habitée depuis 18 mois par des réfugiés majoritairement originaires d’Afghanistan, du Soudan et d’Erythrée.  

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Un risque de multiplication des “Jungles” ?

Tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une opération à risques, les pouvoirs publics assurent qu’ils contrôlent la situation. “Nous avons confiance que tout se passe bien”, a affirmé dimanche la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio. Un sentiment que ne partage pas la maire de Calais, Natacha Bouchart : “Rien n’a été fait pour les empêcher de s’installer de façon anarchique. Donc, vous comprenez bien que je suis perplexe par rapport au fait que les choses vont bien se dérouler et que nous n’avons aucune garantie, aucun dispositif pour nous confirmer qu’il n’y aura plus ces difficultés par lesquelles nous passons depuis maintenant trois ans”, a‑t-elle expliqué sur une radio locale.

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Mi-septembre, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, avait appelé les maires à refuser l’accueil des migrants de Calais, pointant le risque de multiplication de “Jungles” sur le territoire.

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Interrogée aujourd’hui sur RTL, la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, a insisté sur le fait que le gouvernement n’a jamais renoncé à installer des CAO malgré l’opposition de certaines communes. “Partout où nous avons eu besoin de places et où nous avons trouvé des locaux adéquats et qui correspondaient à nos besoins, nous les avons utilisés”, a‑t-elle affirmé.

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A Calais, tous les migrants ne font pas la queue pour être évacués. Kharazi, migrant afghan, affirmait la veille du début des opérations : “Il faudra nous forcer pour partir. Nous on veut aller en Grande-Bretagne”.