Le “manque de rigueur” de France Télévisions pointé du doigt

“Pas assez réformée”. Le constat des magistrats du Palais Cambon ne fait pas dans la demie mesure à l’égard de la société publique. Le mandat — entre 2010 et 2015 — de l’ancien patron, Rémy Pflimlin, est particulièrement visé.

Ce rapport s’inscrit dans un contexte particulier pour l’entreprise. France Télévisions avait annoncé en juillet dernier un plan d’économies avec 500 postes supprimés d’ici à 2020. L’an dernier, un plan social avait aussi touché l’entreprise publique. Les visées politiques sont également assez claires. Nicolas Sarkozy avait supprimé la publicité en soirée sur les chaînes publiques. Le budget n’a pas réussi à supporter cette chute des revenus.

Durant cette période, la trésorerie de l’entreprise a fortement chuté :

Evolution de la trésorerie de France Télévisions
Evolution de la trésorerie de France Télévisions

La Cour des comptes décline son réquisitoire en cinq chapitres.

  • L’entreprise unique

Il s’agit de la fusion de toutes les sociétés en une seule entité. Créée en mars 2009, elle n’a pas été à la hauteur des ambitions initiales. Ce processus n’a pas endigué une perte d’audience significative (-5,5%) sur la période étudiée. La Cour affirme donc que “la maîtrise des dépenses est impérative”.

France Télévisions, sur le plan numérique, peine “à dégager les marges de manœuvre financières pour investir davantage dans ce domaine crucial pour son avenir”, analyse la Cour des comptes.

  • Le fonctionnement interne

Elle n’a notamment pas su réduire convenablement ses effectifs : la masse salariale n’a baissé que de 2,7% en six ans. Trop peu. Les magistrats notent également que le taux d’absentéisme a augmenté.

  • Les achats des programmes

Ils représentaient 912 millions d’euros pour l’année 2015. Les magistrats préconisent également à France Télévisions de réformer sa “filière production” afin de valoriser les programmes dont elle possède les droits.

  • Le secteur de l’information

“Les effectifs et les coûts de grille sont en augmentation continue, pour des résultats contrastés en termes d’audiences”, note le rapport. En 2015, France Télévisions comptait plus de 2700 journalistes. Le projet de constituer une rédaction unique, lancé en 2012, est encore en gestation.

.@franceinfo représente l’opportunité de créer une nouvelle dynamique dans le secteur de l’information à condition d’en maîtriser les coûts

— Cour des comptes (@Courdescomptes) 24 octobre 2016

  • La régionalisation

Le verdict est clair : “Le réseau régional de France 3, très dense, apparaît coûteux au regard des deux à trois heures quotidiennes de décrochages régionaux qu’il produit”. La Cour propose aussi un rapprochement France Bleu, le réseau régional de Radio France, et France 3. Elle cite dans son rapport l’exemple concluant de rapprochements entre les “Outre-Mer 1ere”.

Mais ces conclusions sur la santé de France Télévisions sont nuancées par certains. Comme Aude Dassonville, journaliste à Télérama :