Au Kenya, les djihadistes Chabab visent des comédiens dans une attaque à l’explosif

Une "bombe artisanale" a explosé mardi 25 octobre dans une maison d'hôtes de la ville kenyane de Mandera, provoquant la mort de 12 personnes. L'attaque revendiquée par le groupe terroriste somalien Al-Chabab ciblait une troupe de comédiens résidant dans le bâtiment.

Le Kenya fait encore face au terrorisme, environ un an et demi après la terrible attaque de l’Université de Garrissa, qui avait fait 148 morts.

Dans la nuit du 25 au 26 octobre, un commando de djihadistes Chabab a perpétré un attentat à l’explosif dans une maison d’hôtes de la ville de Mandera, située à la frontière avec la Somalie.

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Source : BBC Africa

La nuit du 25 octobre, vers 1 h 30 du matin, les terroristes ont déclenché une bombe artisanale à la maison d’hôtes Bisharo. Ils ont ciblé les membres d’une compagnie de théâtre qui jouait dans les écoles de la ville. L’explosion a détruit partiellement l’immeuble. Les secours ont retrouvé 12 personnes tuées.

Le Kenya est en guerre depuis 2011 contre le groupe terroriste somalien Al-Shabab (de l’arabe “jeunesse”). Cette lutte passe par la participation à l’AMISOM, la Mission de l’Union africaine en Somalie. Celle-ci a pour but de mettre fin à l’implantation des djihadistes en Somalie, avec un succès relatif. En effet, les Chabab ont perdu le contrôle de la plupart des zones urbaines qu’ils occupaient en Somalie, mais demeurent présents dans les régions rurales du sud et du centre du pays. Précisément là où se situe la frontière kenyane .

 

Selon le correspondant de la BBC Africa, Abdinoor Aden, cet attentat est la “quatrième tentative d’attaque visant la troupe “Pearl Quality Edutainment”, qui était présente à Mandera depuis 3 semaines”.

La “Société de défense des droits des comédiens kenyans” (PRISK) a envoyé quelques heures après l’attaque un communiqué au sein duquel elle s’estimait “attristée par la menace terroriste qui s’abat sur les gardiens de notre culture […]”, pour ensuite enjoindre les “gouvernements locaux et nationaux à tout faire pour juguler cette menace et garder le pays sécurisé”.

Communiqué du PRISK
Communiqué du PRISK

La deuxième attaque dans la ville en moins d’un mois

La ville est située dans une région en proie aux incursions de djihadistes somaliens, en recrudescence depuis trois mois. Les chrétiens, minoritaires dans cette partie du Kenya, sont ainsi les cibles régulières des groupes terroristes. Dans leur revendication postée sur leur site internet “Radio Andalus”, les Chabab ont estimé que “cette attaque faisait partie d’une série d’attaques menées par les moudjahidines contre les infidèles”.

C’est le second attentat en moins d’un mois que subit la ville de Mandera. Le six octobre dernier, six personnes avaient péri, elles aussi dans une attaque à l’explosif menée par un commando djihadiste. La cible était alors un complexe immobilier abritant des employés du secteur du bâtiment.

Selon les informations du Washington Post, des habitants abandonneraient quotidiennement la ville, effrayés par la multiplication de ces attaques.