Comment la précarité est un facteur d’obésité

Le surpoids touche la moitié des Français révèle une étude de l’Inserm, publiée mardi 25 octobre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. Mais ce qui est le plus frappant, dans cette étude de grande ampleur, c’est la corrélation entre le chômage, la pauvreté et l’obésité.

En France, l’obésité dessine une carte, celle de la précarité. Un Français sur deux est en surpoids. Les anciennes régions industrielles du Nord et du Grand Est, frappées de plein fouet par la crise, subissent une double peine avec un déclassement social et les plus forts taux d’obésité en France.

Ce sont les enseignements de l’étude “Cohorte constances”, conduite par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la Caisse nationale de l’assurance-maladie des travailleurs salariés (Cnamts). Elle n’en est encore qu’à mi-chemin, avec 110000 personnes suivies sur un objectif de 200000. L’étude de l’Inserm n’offre qu’une photographie de l’obésité en France, mais ne dévoile pas la façon dont elle progresse dans le pays sur les dernières années.

Mais de grandes lignes se dégagent déjà. Les ménages les plus aisés et les professions intellectuelles s’en sortent mieux, ce qui confirme les résultats de l’enquête Obépi-Roche de 2012. Ces catégories portent davantage d’intérêt au contenu de leur assiette et possèdent plus de connaissances sur la qualité nutritive des aliments.

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Moins de 450 euros de salaire, deux fois plus d’obèses

Les salaires sont également un révélateur d’inégalités face à l’obésité. Les femmes gagnant plus de 4200 euros par mois comptent deux fois moins d’obèses dans leur rang que l’ensemble de la population. A l’opposé, celles gagnant moins de 450 euros par mois ont une proportion deux fois plus importante d’obèses que la population dans son ensemble. Chez les hommes, la différence est moins marquée mais est tout de même notable.

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Même si l’obésité explose au niveau mondial, 39% des adultes étaient en surpoids en 2014, pour 13% d’obèses selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Le taux d’obésité en France tend à stagner autour de 15%, après une forte augmentation de 76% sur la période de 1997 à 2012, selon obEpi.