Démantèlement de la “jungle” : le sort des mineurs inquiète

Lundi 24 octobre au matin débute l'évacuation de la "Jungle" de Calais. Près d'une soixantaine de car est prévue pour évacuer les 9000 occupants du bidonville dont 1300 mineurs isolés.

L’évacuation du plus grand bidonville d’Europe a commencé lundi 24 octobre, parmi les 9000 occupants, 1300 mineurs isolés. Le point sur leur situation et le traitement qui leur est réservé.

Concrètement, à Calais, les mineurs isolés se retrouvent placés dans une file d’attente spécifique. Ils ne sont pas destinés à se rendre en CAO mais en Centre d’accueil provisoire (CAP). Cet hébergement dans des containers dure entre quinze jours et trois semaines, le temps de l’examen de leur dossier par l’administration britannique.

L’objectif : transférer près de 600 mineurs au Royaume-Uni selon, Pierre Henry directeur général de FTDA. 194 mineurs isolés ont déjà quitté Calais pour le centre d’accueil de Croydon dans le sud du pays.

La pomme de discorde entre la France et l’Angleterre

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse dénonce au micro de la matinale de RTL l’attitude “scandaleuse” des britanniques dans leur réticence à appliquer le droit international :

L’instruction des dossiers des mineurs est souvent rallongée par des demandes de documents prouvant l’âge des requérants ainsi que les liens familiaux avec leurs contacts en Angleterre.

Beaucoup viennent de pays où leur état civil n’a pas été correctement enregistré, d’où la difficulté pour eux de produire des justificatifs.

“Gestion au facies”

Ce sont actuellement 17 britanniques du Home Office qui ont été dépêchés dans la “Jungle”. Ils détermineront si ces jeunes sont éligibles au regroupement familial ou s’il est dans leur intérêt supérieur de rejoindre la Grande-Bretagne.

La gestion des mineurs isolés semble mal engagée d’après le témoignage d’Isabelle Bruand, coordinatrice de Médecins du monde et Franck Esnée le responsable migration de Médecins sans frontières.

Si le traitement des demandes émanant des mineurs est long et complexe, les premières démarches sont elles plutôt expéditives, selon les propos d’un responsable de l’évacuation rapportés par l’association Médecins du Monde.

Le défenseur des droits Jacques Toubon avait demandé la semaine dernière que le démantèlement de la jungle se fasse dans le respect du droit des migrants et en particuliers des mineurs.

« Les mineurs jouissent de droits particuliers en vertu d’une convention internationale et en vertu des lois françaises, ils ont un droit inconditionnel à l’abri, à l’hébergement, à l’éducation, à la santé. »

L’avenir des 1300 mineurs isolés de Calais reste plus que jamais en suspens.