iTélé : la grève suscite le soutien des internautes

Après dix jours de grève, l'ensemble des salariés de la chaîne du groupe Canal reste mobilisé, soutenu sur les réseaux sociaux, alors que les revendications dépassent désormais le simple cas Morandini.

“3% de haters”. Même si le chiffre est difficile à vérifier, le fait est suffisamment rare pour être mentionné. Le compte Twitter iGREVE bénéficie du soutien constant, et inattendu, des tweetos depuis le début de la grève, il y a dix jours. “Quand on est sur les réseaux sociaux, les insultes sont quotidiennes, déplore le journaliste derrière iGREVE . Or, là, nous ne recevons quasiment que des soutiens.”

Si le journaliste militant souhaite conserver l’anonymat c’est pour insister sur le fait qu’il représente la rédaction d’iTélé dans sa totalité, pas seulement les journalistes. Or, iGREVE se veut le relais entre les salariés et la direction, alors que les négociations reprennent. A ce niveau, les revendications sont protéiformes (charte éthique, distinction des rôles au sein de la direction…).

“Un bras d’honneur”

La communication est d’autant plus cruciale pour cette communauté que la controverse dépasse la simple affaire Morandini.

La colère des employés d’iTélé a commencé à être perceptible quand l’annonce de l’arrivée de Jean-Marc Morandini sur leur chaîne a été faite. Le journaliste est actuellement mis en examen pour corruption de mineur. Finalement, au bout de huit jours de grève, la direction l’annonce : l’émission est suspendue pour raisons techniques. Une fois la grève terminée, Jean-Marc Morandini reviendra à l’antenne. “Un bras d’honneur” pour Julien Nény, journaliste au service politique d’iTélé, qui est désabusé.

L’affaire Morandini fut l’élément déclencheur, mais l’essentiel des revendications portent sur “l’indépendance de la rédaction”, comme l’a martelé Antoine Genton, président de la Société des journalistes d’iTélé.

Le mouvement social dépasse d’ailleurs le simple cadre de l’entreprise. Il est devenu un symbole. En témoigne les nombreuses figures qui ont apporté leur soutien.

L’issue du mouvement social reste cependant bien incertaine. Les journalistes et techniciens de la chaîne du groupe Canal en sont conscients, alors que la grève a été reconduite mercredi matin pour la 10e journée consécutive. Julien Nény le concède : “Difficile de lutter contre une des personnes les plus riches de France”. Difficile surtout de lutter sur le long terme contre l’essoufflement de la mobilisation.