Annie Girardot, l’oublieuse qui n’a pas été oubliée

Elle aurait eu 85 ans cette semaine. Elue femme préférée des Français, sacrée meilleure actrice en 1977, la comédienne s'est distinguée par son combat contre la maladie d'Alzheimer.

Elle aurait eu 85 ans le 25 octobre. L’actrice Annie Girardot, atteinte de la maladie d’Alzheimer à la fin de sa vie, était célébrée mardi sur les réseaux sociaux. Portrait.

Annie Girardot bouleverse toutes les sensibilités lors de la cérémonie des Césars de 1996, alors qu’elle est sacrée meilleure actrice dans un second rôle pour Les Misérables, de Claude Lelouch.  D’une voix tremblante et pleine de larmes, elle confie à l’assemblée la joie que lui procure le sentiment d’exister encore dans le coeur de son public. Son discours est salué par une ovation générale et sa carrière, que les premiers symptômes de la maladie Alzheimer n’entameront pas, durera encore dix ans.

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En excellente tragédienne du quotidien, celle qui se faisait appelée “la Girardot” n’a jamais démenti les travers de sa vie privée, exposés incessamment par les médias. De la femme fatale aux amoures successives, de son inclination pour les hommes violents, de sa ruine financière au scénario grotesque, de sa présumée dépendance à la cocaïne, c’est son hypersensibilité incontestable et son besoin d’amour manifeste qui restent dans les esprits.

Ses proches confirment le déclenchement de la maladie d’Alzheimer en 2001. Annie Girardot est alors à l’affiche de Madame Marguerite, un seule-en-scène de deux heures qu’elle jouait à Paris. Sa maladie ne l’empêche pas de continuer à monter sur les planches dans la peau de cette institutrice d’école vive et loufoque même si on lui souffle quelques répliques dans une oreillette. En 2007, sous la direction de Jane Birkin dans Boxes, elle incarne une femme âgée atteinte par la maladie d’Alzheimer. Sa prestation poignante en fait une icône de la lutte contre cette maladie.

Dans une vidéo publiée sur internet en 2011, alors retraitée depuis quatre ans, elle se confie une dernière fois à son public et fait ses adieux.

Les hommages qui lui sont rendus partout dans le monde depuis sa mort rappellent que les dernières années de sa vie ont fait d’elle une icône de la lutte contre une maladie encore largement taboue et méconnue en France.

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