En 40 ans, la moitié des vertébrés ont disparu de la planète

WWF publie, jeudi 27 octobre, son Rapport Planète Vivante 2016. L'association de défense des animaux prévoit la disparition de 67% des populations d'espèces sauvages d'ici 2020.

La “sixième extinction de masse”. Le WWF (Fonds mondial pour la Nature) s’inquiète des récentes évolutions en matière de biodiversité, en particulier concernant le déclin massif des populations de vertébrés.

Elephants, poissons, oiseaux… L’édition 2016 du Rapport Planète Vivante pointe l’effondrement de 58% de cette population entre 1970 et 2012, soit une baisse moyenne de 2% par an “sans aucun signe de ralentissement de cette dynamique”. Le déclin des populations vertébrées n’était “que” de 52% entre 1970 et 2010.

L’étude, publiée tous les deux ans depuis 1994, et menée conjointement par le WWF et la Société Zoologique de Londres, mesure les évolutions à partir du suivi de 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces de vertébrés.

L’espèce humaine responsable de ce déclin

Le WWF identifie 5 principales menaces expliquant le déclin des populations animales ces dernières années. La plus fréquente d’entre elles est “la perte et la dégradation de leur habitat”, note l’étude, qui pointe la responsabilité de “l’agriculture et de l’exploitation forestière non soutenables et des changements affectant les systèmes d’eau douce”. La surexploitation des espèces, la pollution, le changement climatique et les espèces invasives sont les autres menaces identifiées par le WWF.

Les hommes sont tenus responsables, selon le rapport émis par WWF, de la chute du nombre de vertébrés, plus particulièrement sur le continent africain. Une carte mondiale de l’Empreinte écologique nationale, réalisée tous les deux ans par l’ONG, démontre les influences néfastes des modes de vie sur l’environnement.

La pollution est en partie responsable du déclin des populations animales à la surface de la Terre.
La pollution est en partie responsable du déclin des populations animales à la surface de la Terre.

L’empreinte écologique évalue le rapport entre la pollution produite par chaque habitant en fonction de leurs revenus et de la biocapacité globale disponible sur le territoire (donnée exprimée en hectares globaux).

La population des espèces d’eau douce en chute libre

Entre 1970 et 2012, 38% des populations des espèces terrestres ont disparu. WWF remarque qu’ ”il est possible que la création d’aires protégées, qui occupent 15,4% de la surface terrestre du globe, ait contribué à la conservation et au redressement de certaines espèces”.

Les espèces marines ont vu leurs populations diminuer de 36% en 42 ans. Ce déclin s’explique notamment par la surpêche. “En dehors de leur rôle critique dans la régulation du climat planétaire, les animaux marins nous procurent quantité de bénéfices dont les plus évidents sont les aliments, les moyens de subsistances et les usages culturels”, rappelle l’ONG.

Le constat est bien plus inquiétant pour les espèces d’eau douce. 81% des populations des espèces d’eau douce ont disparu entre 1970 et 2012. Si l’eau douce représente 0,8% de la surface de la planète, 10% des espèces connues y vivent.

Si les habitats d’eau douce sont difficiles à préserver, c’est parce qu’ils sont fortement affectés à la fois par la modification de leurs bassins fluviaux et par les impacts directs des barrages, de la pollution, des espèces aquatiques invasives et des prélèvements d’eau incontrôlés”, note l’étude.

Un déclin nocif pour l’humanité

L’accentuation de la pression humaine menace les ressources naturelles dont dépend l’humanité, note l’étude. Elle aggrave du même coup le risque d’insécurité hydrique et alimentaire et la compétition pour s’approprier les ressources naturelles”, s’alarme le WWF.

Nous dépendons totalement de la nature pour l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les aliments et les matériaux que nous utilisons, l’économie que nous faisons fonctionner, mais aussi, et c’est loin d’être secondaire, pour notre santé, notre inspiration et notre bonheur”, avertit Marco Lambertini, directeur général du WWF. Et d’alerter : “Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde naturel que nous connaissons aujourd’hui s’effondrera d’un seul tenant.”

Si l’humanité ne change rien, cette chute va se poursuivre. L’ONG prévoit que 67% des populations d’espèces sauvages auront disparu de la surface de la Terre d’ici 2020.