Hénin-Beaumont : nouvelle menace sur le Secours populaire

L'histoire semble se répéter pour le Secours populaire français. Après avoir été sommé de quitter la ville de Hayange (57) l'année dernière, c'est aujourd'hui à Hénin-Beaumont (62) que l'association est menacée par la municipalité frontiste. En fin de semaine dernière, la section Pas-de-Calais du Secours populaire a été prévenue par la mairie que la ville allait récupérer les clefs de la permanence. A l'initiative du secrétaire départemental du Secours populaire, une manifestation a eu lieu ce lundi matin devant le local d'Hénin-Beaumont.

Hébergé à titre précaire, le Secours populaire de Hénin-Beaumont (62) n’en est pas à sa première menace. Le 1er juin dernier, la mairie avait déjà tenté de récupérer les clefs du local, mais sans succès face à la mobilisation des bénévoles. Après un sursis de cinq mois pour l’association, la mairie a repris le dossier en mains. La municipalité souhaite raser le bâtiment dans le cadre d’un projet de transport urbain. Le tracé des futurs travaux du bus à haut niveau de service se situerait sur l’emplacement du local en question. L’association a pris acte de cette décision mais son avenir dans la ville reste flou et le sort réservé au Secours populaire à Hayange(57) est encore dans les esprits.

Le parallèle avec Hayange semble inévitable. En 2015, accusée par le maire FN Fabien Engelmann d’être une “succursale du Parti communiste”, la permanence de l’association avait du fermer ses portes, faute de subvention. L’affaire avait entrainée une violente polémique et une levée de boucliers à l’encontre du maire. Mais cette fois-ci, le discours tenu par les responsables du Front National est bien différent.

Dans un communiqué publié le 29 octobre dernier sur le compte Facebook du maire Steeve Briois, la municipalité a précisé les clauses de l’accord trouvé entre l’association et la ville, et se dédouane de vouloir supprimer le Secours populaire à Hénin-Beaumont. Le maire y dénonce une “opération de manipulation”, “une manifestation politicienne” et conclut son communiqué par un pied de nez à l’association : “L’opération de manipulation et l’amalgame avec Hayange tombent à l’eau puisque la Mairie d’Hénin-Beaumont n’a toujours pas reçu la demande de subvention du Secours populaire : étrange, pour une association qui se dit en manque de moyens…” Le ton est donné.

La mairie de Steeve Briois entretient un rapport plus que tendu avec les associations de sa ville. Entre le FN et les associations, la relation n’a jamais été au beau fixe. A Hayange, le maire FN Fabien Engelmann avait justifié le retrait des subventions au secours populaire en raison de la “politisation” de l’association. M. Engelmann avait également mis en cause certaines déclarations d’Anne Duflot-Allievi, la présidente locale du Secours populaire, assimilées selon lui à de la « propagande promigrants ».

Il semble important de rappeler la récente adoption début octobre, en conseil municipal, d’une charte sobrement intitulée “Ma commune sans migrant”, dont l’un des points principaux vise à couper littéralement les vivres aux associations d’aide aux migrants. En 2015, la Ligue des Droits de l’homme s’était faite expulser de son local de Hénin-Beaumont. La mairie frontiste avait alors réclamé rétroactivement à l’association le versement de 36.000 euros de loyer.