Une feuille, des crayons de couleurs, et la jungle de Calais

Ce lundi 31 octobre à Calais, la jungle rend son dernier soupir, balayée par les bulldozers et les pelleteuses. L'occasion de revenir sur la manière dont plusieurs artistes ont dessiné, parfois pendant plus d'un an, la vie dans le plus grand bidonville d'Europe. 

La jungle de Calais, on l’a vue en photos, entre les tentes, les préfabriqués, dans les ruelles boueuses, depuis la colline de la maison bleue, et même depuis le ciel. Désormais, on ne la verra plus, sauf les grands containers blancs, derrière le grillage, ceux du Centre d’Accompagnement pour Migrants (CAP). Mais pendant toute ces années, la jungle a aussi vécu avec les pinceaux et les crayons. Petit retour sur quelques artistes-dessinateurs qui ont immortalisé la vie des migrants.

  • Les nouvelles de la jungle, Lisa Mandel et Yasmine Bouagga. 

Depuis février 2016, ce duo, composée d’une dessinatrice (Lisa) et d’une sociologue (Yasmine), parcourt la jungle, boit le café chez Ahmed, visite l’école, teste le hammam…et raconte toutes ces aventures dans un feuilleton quotidien, publié chaque midi du lundi au vendredi.

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Lisa Mandel raconte en dessin le démantèlement de la jungle (Crédit : Capture d’écran/Le Monde.fr)

La totalité de l’aventure est visible sur le blog de Lisa Mandel sur le site du Monde. Depuis mai dernier, on peut également retrouver Les nouvelles de la jungle en bande dessinée, éditée chez Casterman.

  • Un an à Calais, Louise Druelle

Calaisienne d’origine, la jeune dessinatrice, qui se cache derrière le pseudonyme de Loup Blaster, a décidé, en mai 2014, de retourner dans sa ville natale pour raconter l’histoire de “ceux qu’on appelle les migrants”.

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La première planche de Un an à Calais (Crédit : Capture d’écran/Libération)

Sous forme de bande dessinée en ligne, Louise Druelle raconte sa visite au squat Galoo, ancienne friche industrielle investie alors par certains réfugiés. Elle y rencontre Fakhry, Awad, Salem et d’autres encore. Tout autant de visages qu’il est possible de retrouver sur le site de Libération, qui héberge son reportage dessiné.

  • Les passages furtifs (mais très médiatisés) de Banksy dans la jungle

Banksy sait être discret, mais chacun de ses passages dans la jungle a fait l’effet d’une bombe. En décembre 2015, le célèbre artiste urbain a laissé trois dessins dans le bidonville.

Fils d'un immigrant syrien, Steve Jobs a créé l'une des plus grosses sociétés au monde.
Fils d’un immigrant syrien, Steve Jobs a créé l’une des plus grosses sociétés au monde, Apple (Crédit : Wikipédia).

“Nous sommes souvent conduits à croire que l’immigration est un fardeau sur les ressources d’un pays, mais Steve Jobs était le fils d’un immigrant syrien. Apple est la société la plus rentable du monde, paye sept milliards de dollars d’impôts et existe seulement parce qu’on a laissé entrer un jeune homme de Homs, a t‑il écrit en marge de ce dessin de Steve Jobs.

Fervent soutien de la cause des migrants, Banksy a également laissé dans la jungle un pochoir détourné du tableau Le Radeau de la Méduse, où l’on peut voir des réfugiés regroupés sur une épave. Au-dessus d’eux, des bulles de bandes dessinées montrent le symbole de la livre sterling, monnaie du Royaume-Uni, la destination rêvée de la plupart des réfugiés de Calais.