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Grève à iTELE : jusqu’où iront-ils ?

Pour le 16e jour consécutif, la grève à iTELE est reconduite à 87% jusqu'au mercredi 2 novembre à midi. Mais le combat commence à peser sur le moral des journalistes.

Les jours se suivent et se ressemblent. Le vote est unanime pour la reconduction de la grève jusqu’au mercredi 2 novembre à midi. Les partisans de la grève ont jusqu’à maintenant toujours dépassé les 80% des voix en assemblée générale.

Les salariés de la chaîne ne sont visiblement pas prêts à abandonner maintenant. Tout le monde peut s’exprimer mais les déclarations officielles sont réservées aux porte-paroles. “Tout le monde veut rester à iTELE mais personne ne sait ce que va devenir la chaîne” affirme un pigiste de la chaîne sous couvert d’anonymat.

“Tout le monde a abandonné l’idée que Morandini dégage de l’antenne”

Officiellement les grévistes réclament le départ de Jean-marc Morandini de la chaîne. Mais ils ne sont pas naïfs, “tout le monde a abandonné l’idée que Morandini dégage de l’antenne” assure un pigiste de la chaîne. La société des journalistes négocient plutôt le fait que les journalistes ne souhaitant pas travailler avec l’animateur de NRJ12 puissent le faire. L’élargissement à tous les salariés de la chaîne comme aux techniciens de cette disposition est également demandé.

Malgré la stratégie du pourrissement de la direction qui ne fait aucune concession nouvelle ce mardi 1 novembre, les journalistes maintiennent la pression. “La grève a été reconduite ce matin ce qui prouve bien que pour le moment il n’y a pas de concession! On parlera de concession le jour où on sortira de la grève!” déclare un reporter de la chaîne d’information en continu.

“Le point le plus compliqué est celui de la nomination d’un directeur de la rédaction” selon un journaliste du groupe. Serge Nedjar, le directeur d’iTELE et de Direct Matin, ne souhaite nommer qu’un directeur adjoint de la rédaction, ce que les journalistes n’acceptent pas pour le moment. Ils craignent une trop grande intervention du patron de Direct Matin dans la ligne éditoriale de la chaîne d’information en continu.

La direction d’iTELE tente de rassurer ses salariés en expliquant que C NEWS, le nouveau nom de la chaîne, sera à 90% dans la continuité d’iTELE. Mais le diable se cache dans les détails. Une émission sur l’Europe en partenariat avec CNN et Euronews est en projet. Selon les salariés, ce partenariat pourrait entraîner la fin des reportages à l’étranger réalisés en interne. Avant la grève, le voyage de 4 reporters aux Etats-Unis pour traiter des élections américaines, en soutien de Laurence Haim déjà sur place, avait été annulé sans plus d’explication. Les synergies ne seraient que la continuité de la stratégie de Serge Nedjar qui a déjà mis en place des ponts entre Infosport et iTELE pour traiter à moindre coût l’actualité sportive.

“On arrive à la fin de la grève”

Le sort d’iTELE pourrait se jouer en cette fin de semaine. Mercredi 2 novembre, le tribunal rendra sa décision en référé sur l’arrivée des salariés de Direct Matin au sein des locaux d’iTELE. La rédaction redoute ce moment car si le tribunal ne tranche pas en faveur des journalistes du groupe Canal +, les journalistes du quotidien gratuit pourrait travailler à moyen terme pour C NEWS (futur nom d’iTELE). Jeudi, le CSA tranchera sur le respect ou non de la convention de la chaîne par la direction. La grève a pour but de faire pression avant l’annonce de ces deux décisions cruciales. La reprise de l’antenne, jeudi 3 novembre, pour uniquement deux heures au moment du débat de la primaire de la droite et du centre sera un coup de projecteur sur la crise que traverse la chaîne.  Mais quand ces échéances seront passées, le sort d’iTELE sera scellé.

C’est à ce moment-là que les journalistes décideront individuellement si ils quittent la chaîne. Et encore aujourd’hui les salariés hésitent. “Je réfléchis à toutes les possibilités !” nous confie un reporter de terrain. Amandine Bégot, Olivier Ravanello et Jean-michel Decugis n’ont pas attendu la fin de semaine pour annoncer qu’ils quittent la chaîne. La direction mise sur “des départs massifs et donc une baisse des revendications” projette un autre salarié. Mais rien n’est moins sûr car comme l’évoque ce même journaliste “on n’est pas tous des stars” donc il ne sera pas si simple de trouver du boulot ailleurs. En tout cas, “Lundi tout le monde devrait être retourné au travail” suppose un salarié de la chaîne. Espérons pour eux que la reprise ne soit pas trop amère.


Un coût important pour les grévistes

Chaque jour de grève fait perdre un jour de salaire à chaque gréviste. Les plus bas salaires des journalistes de la chaîne s’élèvent à 1800€ net. Par conséquent, quinze jours de grève signifient une perte de 900€ pour ces salariés. Un chiffre qui croit proportionnellement avec les revenus. Cette baisse de revenu non négligeable entraîne pour certains jeunes journalistes des fins de mois difficiles. Mais des aides ont été mises en place par les grévistes. “Une cagnotte, le pot commun à été créée afin de reverser de l’argent aux plus bas salaires qui le souhaitent” explique un journaliste de la chaîne d’information en continue. Cependant, aucun montant n’a encore été versé et peu de gens ont pour le moment candidaté pour toucher cette aide financière. Elle devrait s’élever à 5 jours dommagés selon un salarié présent à l’assemblée générale.