L’argent s’expose au Grand Marché d’Art Contemporain

Le Grand Marché d’Art Contemporain (GMAC) s’achève aujourd’hui. Les exposants et les curieux se rencontraient place de la Bastille du 27 octobre au 1er novembre. La 47ème édition du GMAC réunit artistes souvent connus et visiteurs initiés.

« Ah ! C’est pas mal ça, il y a du talent » analyse un homme dont les cheveux grisonnants ont fui le sommet du crâne. « Mouais » lui rétorque son ami, écharpe Vuitton autour du cou. Après un silence, il poursuit sa route d’un : « bah …  faut aimer quoi ! »

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Les rayons de soleil jaunissent la toiture des chapiteaux blancs du Grand Marché d’Art Contemporain (GMAC). Dans les grandes bâtisses, en face de l’Opéra Bastille, fourmillent exposants et visiteurs. Ces derniers marchent, regardent, discutent, décryptent parfois. Les badauds, CSP+ pour la plupart, déambulent sans prendre le temps de s’arrêter. La profusion d’œuvres hétéroclites ne joue pas à l’avantage des artistes. Ici, une peintre expose des têtes de mort stylisées tandis que des paysages aux teintes vives – rouge, bleue, verte, jaune – lui font face. Là, des sculptures d’épaves rouillées défient des « peace and love » et des cœurs multicolores.

De plus petits chapiteaux prolongent le marché autour du canal Saint-Martin. Au loin, une péniche de touristes, guidés par la voix d’une fine connaisseuse de la capitale, perturbe momentanément le calme des allées. Le soleil égaye l’après-midi, deux exposants déjeunent des huîtres accompagnées de chablis. Elle, blonde platine, porte des lunettes de soleil rose pétant. Lui, barbe et dreadlocks poivre et sel, arbore un chapeau de paille. Ils fument, verre de vin à la main et pièces à 3000 euros exposées dans leur stand.

Un marché pas accessible à tout le monde

Curieux ou artistes, tout le monde ne peut pas découvrir ou exposer au GMAC. Il faudra débourser 10€ pour entrer. Les pièces, elles, peuvent atteindre des dizaines de milliers d’euros. Les bars et restaurants proposent des sandwiches chauds à … 9,50€ !

Iris Vargas, stand 568, affirme : « c’est un marché de connaisseurs. Ici, les gens viennent pour dénicher une œuvre et se tenir au courant des nouvelles tendances. » D’ailleurs, cette vénézuélienne d’une cinquantaine d’année adapte son travail, la sculpture sur marbre, à ce marché : « pour le GMAC, je fais des sculptures de petits formats. Sinon, j’ai l’habitude de travailler pour les mairies ou les communes en taillant des pièces de plusieurs mètres de haut. »

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Au stand 591, un homme au chapeau de cuir, une feuille de chêne empêtrée dans un ruban ornant le couvre-chef, petite lunette ronde et voix calme et timide, expose aussi pour gagner en visibilité : « même si l’affluence est moyenne cette année, cela reste rentable de louer un stand 500€ pour les quatre jours. » En effet, ici, on paye pour exposer. 500€ pour les plus petits stands – deux mètres carrés mal placés – et plusieurs milliers d’euros pour les plus grands, situés à l’entrée du marché par exemple.

Rendez-vous l’année prochaine pour la 48ème édition du Grand Marché d’Art Contemporain, toujours place de la Bastille, toujours chapoté par Joël Garcia Organisation et toujours aussi payant.

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