Surveiller les bureaux de vote, un enjeu de la primaire à droite

10 228 bureaux de vote. 58 732 bénévoles pour s'en occuper. A quelques semaines du premier tour de la primaire de la droite, les comités d'organisation départementaux peaufinent encore la logistique de l'élection. Une logistique surveillée de près par les sept candidats, qui tentent de placer leurs délégués dans un maximum de circonscriptions avant le jour J.  

58 732 bénévoles. Depuis des mois, les comités d’organisation départementaux travaillent sans relâche pour recruter des volontaires qui seront chargés de la gestion des bureaux de vote les 20 et 27 novembre prochains. Pour chaque bureau, un président et au minimum trois assesseurs veilleront au grain et communiqueront les résultats par SMS aux équipes des différents candidats. Pour les gros bureaux, ils seront plus nombreux.

Problème : même dans les terres les plus anciennes de la droite comme le département des Hauts-de-Seine (92), il n’est pas facile de convaincre militants et sympathisants de réserver un voire deux dimanches pour s’occuper d’un bureau de vote. Et c’est presque mission impossible dans les territoires de la gauche, comme le Lot, où il a fallu pas moins de trois appels dans la presse locale pour convaincre…180 personnes.

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A côté de cette organisation pour le moins fastidieuse, les candidats tentent de s’imposer dans un maximum de circonscriptions, et ils disposent pour cela d’une arme infaillible : les délégués. Ce ne sont pas des volontaires, ils ne seront pas forcément présents de 9h à 19h dans les bureaux de vote, mais ils sont là. “L’objectif est de représenter le candidat, mais aussi qu’il y ait une pluralité des représentants dans chaque circonscription”, précise Thierry Solère, l’organisateur de la primaire, contacté par le CFJ.

Comprendre : que chaque candidat puisse surveiller le bon déroulement du scrutin, et empêcher la fraude, surtout dans les circonscriptions fidèles à un candidat en particulier. Car tout le monde garde en tête ce qui s’est passé entre Jean-François Copé et François Fillon en 2012, quand les candidats ont tous les deux revendiqué la victoire, déclenchant un véritable traumatisme qui a signé l’arrêt de mort de l’UMP.

Certains candidats s’en sortent mieux que d’autres dans cette vaste entreprise de maillage de “sécurité”. Gérald Darmanin, coordinateur de campagne de Nicolas Sarkozy, parle de 20 000 délégués déjà mobilisés. “Avec notre maillage territorial, cela se fait sans difficulté.”, ajoute t‑il. Du côté de Bruno Le Maire, on comptabiliserait déjà 5000 délégués, tandis qu’Alain Juppé aurait plus de mal à mobiliser, notamment dans les Alpes-Maritimes. “Si nous n’avons pas de représentants dans un bureau, on passera localement des accords avec ceux des autres candidats.”, précise un proche de Bruno Le Maire.

Les candidats ont jusqu’au 4 novembre prochain pour proposer des délégués à la Haute Autorité pour la primaire, qui publiera ce jour-là la liste officielle…et révélera qui des sept candidats a le maillage de surveillance le plus développé.