A Paris, l’agriculture urbaine prend de l’ampleur

Faire pousser ses légumes et élever des poules à Paris, c'est désormais courant. Au gré des initiatives particulières et des opérations mises en place par les pouvoirs publics, la capitale met en avant l'agriculture urbaine, consciente de ses nombreux bienfaits. Plus qu'une tendance passagère, c'est une véritable philosophie qui prend corps.

Se réveiller avec le chant du coq à Paris, ce n’est pas encore pour demain. Au delà de la végétalisation de la capitale, c’est l’agriculture urbaine qui connait un essor important. En atteste l’opération “Parisculteurs” mise en place par la Mairie de Paris afin de permettre l’installation de cultures dans pas moins de 46 sites emblématiques de la capitale.

Des toits de l’Opéra Bastille à la Place Vendôme en passant par les balcons de l’Accor Hotels Arena, c’est plus de 30 hectares de cultures qui devraient voir le jour d’ici 2020. Pénélope Komites, adjointe à la Mairie de Paris, chargée des espaces verts, de la nature et de la biodiversité, coordinatrice de “Parisculteurs”, annoncera demain les projets retenus.

Les parisiens n’ont pas attendu cette opération de grande ampleur pour mettre les mains dans la terre. Plus de 80 jardins partagés ont été créés, souvent au moyen d’associations de voisinage, et de nouveaux voient le jour chaque année. Des ruches sont installées sur les toits et certains particuliers se lancent dans la production de miel. La Petite Ceinture voit ses lignes de chemins de fer réquisitionnées pour y planter carottes, navets et autres betteraves au sein de la REcyclerie, une ferme collaborative proche de la porte de Clignancourt.

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Certains établissements d’enseignement supérieur comme l’Agro Paris Tech organisent de véritables potagers expérimentaux sur les toits de leurs écoles. Une ferme mobile a aussi été créée par la Mairie de Paris pour faire découvrir au jeune public les différents animaux de la ferme les samedis et les mercredis. Chaque mois, les brebis, poules, canards et autres lapins élisent domicile dans un arrondissement différent, pour le plaisir des petits et des grands.

Ces parisiens à la main verte l’ont bien compris, l’agriculture urbaine permet une nette amélioration de la qualité de vie citadine: moins de pollution, des aliments de meilleure qualité, un renouveau du lien social et une sensibilisation des plus jeunes quant à la nécessité de travailler la terre. On décompte plus de 800 millions de citadins impliqués dans l’agriculture urbaine mais à l’horizon 2050, il y aura environ 8 milliards de personnes vivant en ville, de quoi mesurer le défi qui attend l’agriculture citadine. En Ile-de-France, c’est plus de 73 hectares qui sont utilisés pour l’agriculture urbaine au travers d’initiatives individuelles.  Au delà des questions environnementales, c’est une philosophie de vie qui s’installe. Reste à savoir si de la graine naitra un arbre.