Mossoul : craintes autour de l’avenir des civils après l’entrée des forces irakiennes

Après Falloujah le 26 juin dernier, c’est Mossoul qui peut aujourd’hui croire à sa libération. Les forces d’élites irakiennes ont pénétrés dans la ville par l’est ce mardi après-midi. Les kurdes se positionnent au nord, les forces du gouvernement fédéral au sud, les milices chiites à l’ouest, le tout avec l’appui global de la coalition internationale. L’EI se retrouve encerclé et les civils encore présents à Mossoul pourraient en faire les frais

La libération de Mossoul est en cours et c’est tout un symbole. Les forces d’élites irakiennes sont entrées dans la ville mardi après-midi, a annoncé le général Taleb Cheghati al-Kenani, commandant du service du contre-terrorisme irakien, à l’AFP. C’est ici qu’avait été proclamé le califat par Abu Bakr El-Baghdadi le 29 juin 2014. Seconde plus grande ville du pays avec plus d’1,5 millions d’habitants, Mossoul constitue le principal fief de l’EI en Irak. Après les libérations de Tikrit, Sinjar, Ramadi et Falloujah, l’EI avait déjà perdu une grande partie de son territoire, une dynamique qui s’accentuera avec la reprise de Mossoul.

La principale crainte concerne l’avenir des civils. Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a observé que les combattants de l’EI sont en train de rapatrier les habitants des environs, afin de s’en servir comme boucliers humains. Lundi, ce seraient 25 000 habitants de la ville de Hamam-al-Alil qui auraient été transportés dans des camions et des autocars en direction de Mossoul.

Les forces irakiennes vont tenter d’ouvrir des couloirs humanitaires pour permettre aux habitants de fuir la ville. Mais quand bien même les civils parviendraient à fuir, les centres d’accueil ne peuvent pas accueillir tous les déplacés, créant un risque de drame humanitaire. A ce jour, c’est plus de 17 900 personnes qui ont fui le centre ville, selon l’Organisation internationale des migrations. Cette situation a conduit l’Organisation des nations unies (Onu) à exprimer de « sérieuses inquiétudes » quant à la situation en présence.

Si l’entrée des forces irakiennes dans Mossoul constitue une réelle avancée dans la lutte contre l’EI, l’opération pourrait avoir des conséquences humanitaires désastreuses.