La collection Kenzo x H&M attire les passionnés de haute couture

L’enseigne de prêt-à-porter H&M a lancé ce jeudi 3 novembre sa nouvelle collection en partenariat avec Kenzo. Comme chaque année, collaborer avec une marque de luxe permet à la chaîne grand public d'attirer de véritables passionnés de mode.

Une étrange effervescence règne ce matin au 54, Boulevard Haussmann. Quatre imposants vigiles barrent l’accès au magasin H&M pour en filtrer les entrées. « Je veux juste acheter un débardeur », balbutie une adolescente, désarçonnée. « Aujourd’hui, il n’y a que Kenzo », la coupe un des agents de sécurité. « Vous pouvez partir, le reste du magasin n’est pas ouvert avant 13 heures. » Il met ses mains en porte-voix pour se faire entendre des badauds : « Les personnes qui ne sont pas intéressées par la collection Kenzo peuvent partir ! Les autres, mettez-vous dans la file d’attente ! »

Ce jeudi 3 novembre, le géant suédois H&M donne le coup d’envoi de sa nouvelle collection en partenariat avec Kenzo. En proposant des pièces de luxe à un prix abordable, l’enseigne grand public espère attirer une clientèle qui ne fréquente pas ses boutiques habituellement.

Le pari semble tenu. Dans la file d’attente qui mène au niveau ‑1, des dizaines de personnes de tous milieux attendent de pouvoir accéder à la précieuse collection. « J’ai reçu une invitation personnelle de Kenzo”, s’enorgueillit une femme à la coiffure impeccable, sac griffé au poignet. “J’aime la marque, j’ai déjà repéré de beaux modèles sur Internet.”, ajoute-t-elle après avoir remis du rouge à lèvres.

« Je vais vous demander de vous serrer un peu pour que tout le monde puisse entrer dans le magasin », intime un vendeur au tee-shirt vert tout droit sorti de la nouvelle collection. Les clients obtempèrent, se collant tant bien que mal à la personne devant eux. Immédiatement, de nouveaux visiteurs viennent se greffer à l’arrière de la file.

Le talkie-walkie d’un agent de sécurité grésille et l’instant d’après, les trente premières personnes se retrouvent entassées dans les escalators. En bas, elles sont une nouvelle fois confinées entre quatre barrières. Toutes trépignent d’impatience. La collection Kenzo est là, tout près. Il faut seulement attendre que le groupe précédent ait écoulé ses 15 minutes réglementaires dans l’espace de vente.

« Votre attention s’il vous plait, il vous reste cinq minutes dans la zone ! », lance une vendeuse à la cantonade.

Dans la zone d’attente, les clients se mettent sur la pointe des pieds, le cou tordu, les yeux rivés en avant dans l’espoir d’apercevoir la pièce qui fera leur bonheur.

« Il reste une minute ! »

La foule frétille d’impatience et commence machinalement à avancer, prête à bondir dans la salle aussitôt le signal donné.

« Trente secondes ! » hurle la vendeuse.

Et là, la délivrance. Les barrières s’ouvrent et déversent leur flot de clients dans le minuscule espace réservé à la collection Kenzo. Les femmes se ruent sur les kimonos noirs à fleurs rouges, les vestes en cuir doublées de peluche rose et les bottines tigrées à talons. Les hommes s’emparent des doudounes à motifs et des casquettes floquées du nom de la marque. Vite, il faut faire vite.

Debout dans un coin, deux vendeuses H&M assistent à la scène, incrédules. « Non mais vois un peu ce manteau, il est horrible…, grimace l’une d’elles. Comment on peut vouloir porter un truc comme ça ? » Et pourtant, les pièces s’arrachent, les clients se bousculent pour attraper le modèle de leurs rêves.

15 minutes plus tard, des dizaines de pièces Kenzo quittent le magasin au bras d’une nouvelle propriétaire rayonnante. Un manteau rose motif léopard pour la modique somme de 179€, quelle aubaine !