La primaire citoyenne, la grande oubliée du débat politique

A l'heure du deuxième débat de la primaire de droite, une autre élection moins prisée des médias a lieu sur LaPrimaire.org jusqu'au 6 novembre.


Capture d'écran - LaPrimaire.org

C’est une initiative qui en a fait rêvé beaucoup en avril dernier lorsque deux partisans de la démocratie numérique, Thibauld Favre et David Guez lancent la plateforme La Primaire.org. Surfant sur la crise de représentativité des partis traditionnels, la plateforme numérique a pour objectif de bousculer les prochaines élections présidentielles en permettant à un citoyen de présenter une candidature crédible.

Dans un peu plus de trois jours, les votes collectés sur le site devraient permettre de distinguer cinq candidats sur les douze (3 femmes et 9 hommes) aujourd’hui en lice. Il n’en restera qu’un(e) en décembre prochain. Le but est de lui permettre d’atteindre un niveau de légitimité suffisant pour prétendre sérieusement à l’obtention des 500 parrainages d’élus locaux.


Une alternative crédible ?

«C’est un combat très difficile, et vous n’êtes pas le premier à essayer ça», prévenait le sénateur Jean-Pierre Raffarin sur le plateau de Cpolitique, en janvier. «Pour qu’un leader puisse être connu dans le pays, il faut qu’il en fasse des réunions, il faut qu’il circule, il faut qu’il en connaisse du monde. À un an de la présidentielle, vous vous attaquez à un monstre de la Vème République.» David Guez, le co-fondateur de LaPrimaire.org reconnaît volontiers qu’«ils ne sont pas sur un pied d’égalité avec les candidats des partis».

Jean-Pierre Raffarin et David Guez échangent sur le plateau de C politique le 17 janvier 2016 (55’20) :

Avec à ce jour, plus de 76 986 soutiens citoyens qui participent au vote le compte n’y est pas alors que le site annonce un objectif minimal de 100 000. Face aux 43 millions de votants potentiels, le chiffre semble dérisoire.

Vers une candidature citoyenne crédible en 2017 ? (Débat sur France Inter)


La deuxième phase de sélection suscitera peut-être davantage d’intérêt de la part du grand public. Les cinq candidats retenus entameront un tour de France avant la désignation finale par scrutin majoritaire. Les internautes devront noter les différents candidats. Ils pourront aussi choisir de rejeter l’un ou l’autre. Le vainqueur sera celui qui n’a pas été rejeté par 50 % des votants et qui a obtenu la meilleure médiane.

Il devra ensuite se lancer dans la course aux 500 parrainages de maires. Laprimaire.org l’épaulera dans le démarchage des élus notamment celles des petites communes. Les internautes qui ont pris part au scrutin seront également appelés à aller voir le maire de leur ville pour le convaincre de soutenir leur candidat.

Pour l’instant, David Guez estime à une trentaine le nombre de promesses de parrainage recueillies. Cette étape est pourtant cruciale. Sans les 500 signatures, impossible de se présenter au premier tour de la présidentielle.


Les candidats, ces illustres inconnus

LaPrimaire.org

En observant le site de LaPrimaire.org, les manifestes et ébauches de programmes sont disponibles sur les profils des candidats. Ces inconnus du monde politique ont principalement un idéal en commun, trouver une alternative au processus politique trop rigide et élitiste.

Roxane Revon, professeure d’une trentaine d’année à l’université de la ville de New York et candidate à LaPrimaire.org, explique que “les partis n’offrent plus la possibilité de mener nombre de débats essentiels et brident souvent les initiatives par des cadres de pensée trop figés” lors d’une interview publiée par Eurojournalistes. Pour la candidate comme pour beaucoup d’autres, le tournant se situe non pas en 2017 mais lors des élections européennes de 2019.

https://www.youtube.com/watch?v=T06qZoWfVVE

Face au manque d’engouement autour de l’initiative, Maxime Verner, également candidat sur LaPrimaire.org, a finalement décidé de quitter le processus. En avril, il avait été le premier à atteindre le seuil des 500 soutiens « Je pensais qu’on allait arriver à 1 million, vu le nombre de Français qui ne veulent pas voter pour un candidat d’un parti. À quoi bon gagner une primaire citoyenne, s’il n’y a pas suffisamment de votants pour être légitime ».