Le PCF : Non à Mélenchon pour dire oui au PS

Les cadres du Parti communiste français ont refusé à 55% de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017. Une manière de ne pas couper les ponts avec le Parti socialiste.

Ils ont été 274 à refuser de s’allier avec Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, samedi dernier, lors de la conférence nationale du Parti communiste français. 218, dont le secrétaire national du parti Pierre Laurent, voulaient rejoindre leur candidat de 2012. Une majorité des dirigeants préfère officiellement défendre une candidature provenant de leur camp. Ce choix peut paraitre étonnant compte tenu du poids du PCF dans les sondages. Avec le parti écologiste, il est celui qui récolte le plus de mauvaises opinions (76%) selon un sondage du début d’année pour Le Parisien.

La désunion de la gauche radicale

« C’est incompréhensible. En 2012, nous avions réuni plus 4 millions de personnes derrière nous. Nous sommes toujours sur la même ligne et le PCF nous fait défaut. Personne ne sort gagnant de ce choix, déplore Alexis Corbière, le numéro 2 de Jean Luc Mélenchon. Attendons le vote des militants. » En effet, entre les 24 et le 26 novembre, les adhérents du parti communiste confirmeront ou infirmeront le vote des dirigeants.

Difficile de penser que les communistes croient réellement obtenir le meilleur score en 2017 avec un candidat PCF plutôt qu’en soutien de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier arrive troisième dans différents sondages. D’autant plus qu’aucun grand clivage idéologique n’existe.

Patienter pour marchander ?

Comme pour tout parti, les finances permettent d’exister. Le PCF compte sur ses élus pour garder un appareil politique efficace. Avec 26 parlementaires, 5 maires de communes de plus de 70.000 habitants et 1 600 conseillers municipaux et régionaux, le parti de Pierre Laurent se positionne comme troisième mouvement français en terme d’élus. Un score surprenant lorsqu’on le confronte à la popularité du parti. Si le PCF enregistre autant d’élus, c’est parce qu’à chaque fois, il fait alliance avec le Parti socialiste. Soit il soutient le candidat PS, soit le PS le soutient.

Impossible donc de ne pas envisager une alliance PCF – PS. Jean-Luc Mélenchon ne cesse d’attaquer le parti socialiste. S’allier avec lui sonnerait comme une déclaration de guerre au parti solférinien. L’ancienne composante du Front de Gauche pourrait être séduite par un des candidats « anti Hollande » de la primaire, comme Arnaud Montebourg. Et l’ancien ministre de l’économie de François Hollande en est conscient.

Pierre Laurent, au micro de Jean-Jacques Bourdin, n’a d’ailleurs fermé aucune porte : «Il est évident que si un candidat socialiste sortait vainqueur de la primaire en affirmant sa volonté de rompre avec les politiques d’austérité qui ont été menées depuis cinq ans, je pense qu’au minimum ça mériterait une discussion avec lui sur la suite des événements».

Une réunion secrète entre le PCF, Benoit Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Arnaud Montebourg et Gérard Filoche a même était annoncée par Europe 1. Rapidement démentie par Pierre Laurent. De son côté, Gérard Filoche, sans confirmer l’information, s’est dit intéressé à l’idée de discuter avec les communistes. Une chose est sure, le dernier mot reviendra aux militants du PCF, fin novembre. Rien ne dit qu’ils soient prêts à refuser l’alliance avec leur candidat de 2012, au risque de devoir soutenir un socialiste.