Oubliez Trump, le prochain vrai séisme aux Etats‐Unis est San Andreas

Plus que l’élection de Donald Trump, le prochain séisme frappant les Etats-Unis pourrait se produire en Californie. Les craintes du « Big One » ne cessent de s’amplifier dans la communauté scientifique. La zone autour de la faille de San Andreas pourrait devenir rapidement la principale source d’inquiétude des Américains.

Pendant que le monde n’avait d’yeux que pour le duel Trump / Clinton, le sol américain a tremblé pour d’autres raisons que ce choc de poids lourds. La Californie, habituelle forte zone sismique, a été frappée par une série de tremblements de terre à Salton Sea (le lac de Salton), au sud de Los Angeles et de la célèbre faille de San Andreas.  200 secousses ont été mesurées le lundi 26 septembre dernier  en un peu plus de 24 heures, certaines jusqu’à  4,3 sur l’échelle de Richter.

Depuis 1932, date d’installation de capteurs sismiques dans la zone, deux autres épisodes du genre ont été recensés, tous au XXIe siècle, en 2001 et 2009. Ces séries de tremblements de terre n’avaient jamais été aussi fortes et ne s’étaient autant étendues dans le Sud de la Californie.

Crédit : L.A. Times
Crédit : L.A. Times

San Andreas, épicentre des craintes

Avec cette « nuée » d’épisodes sismiques, le risque de tremblements de terre d’une magnitude supérieure à 7, le « Big One », est passée de 1 sur 6000 jusqu’à 1 sur 100. Un tremblement de terre proche d’une importante faille peut ainsi entraîner un autre séisme en provoquant une pression anormale sur celle‐ci. La faille de San Andreas, située à un peu plus de six kilomètres du lac de Salton, est la plus surveillée au monde pour son activité et la plus crainte pour ses possibles dégâts. Des observations satellites permettent de constater l’évolution de la zone ces vingt dernières années et l’agrandissement de la zone.

Images Google Earth
Evolution de la faille de San Andreas entre 1994 et 2015

Si la faille ne s’est plus « fissurée » depuis les années 1680, les scientifiques considèrent qu’un épisode sismique d’ampleur a lieu dans la zone San Andreas tous les 175 à 200 ans. L’attente commence ainsi à se faire longue, renforçant les craintes des scientifiques.

Les possibilités sont faibles mais bien réelles, et s’étaient déjà produites dans le sud du lac de Salton en 1987. Un tremblement de terre de 6,3 sur l’échelle de Richter avait provoqué une réplique de 6,7 à Superstition Hills, situé à dix kilomètres du premier épisode sismique. La faille de San Andreas n’est située qu’à.

A Salton Sea, une nouvelle faille… et le point de départ du Big One ?

A permis de découvrir la faille de Salton — non détectée jusqu’ici car sous l’eau du lac — parallèle à celle de San Andreas. Cette faille est une des plus profondes enregistrées par les scientifiques, atteignant plus de 24 kilomètres par rapport à la croute terrestre. A cette profondeur, la roche est suffisamment chaude pour être liquide et non plus solide.

Le Lac Salton (Salton Sea)
Le Lac Salton (Salton Sea)

En 2008, des chercheurs de l’Institut d’études géologiques des États‐Unis avaient mesuré les possibles conséquences d’un « Big One » de 7,8 sur l’échelle de Richter partant de Salton Sea et remontant le long de la faille de San Andreas. Le tremblement de terre serait alors senti pendant une minute à Los Angeles, un temps considérable comparé aux sept secondes de frémissement ressenties lors du dernier épisode semblable, le tremblement de terre de Northridge en 1994 (6,7 sur l’échelle de Richter).

La simulation de ces multiples secousses auraient des conséquences dramatiques pour toute la côte Ouest de la Californie : près de 1800 morts, 50000 blessées, 1600 incendies pour environ 200 milliards de dollars de dégâts et des destructions matérielles à la pelle (bâtiments écroulés, voies de chemin de fer détruites…). Les Etats‐Unis ont peut‐être élu un président climat‐sceptique et peu soucieux de l’environnement mais la Terre, elle, continue de bouger.