Présidentielle : tout ce qu’il faut savoir de la primaire à gauche

Le 1er décembre donne un coup d'envoi : celui des candidatures à la primaire de la gauche, pour laquelle sept candidats se sont déjà déclarés. Côté pratique, la carte des bureaux de vote n'a pas encore été définie.

Candidats déclarés et attendus, bureaux de vote, financement, voici tous les détails de la primaire de la gauche, aussi appelée “Primaires citoyennes” ou “Primaire de la Belle Alliance populaire de 2017”, une formule lancée en début d’année par Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, qui souhaite dépasser son parti pour avoir un candidat représentant de la gauche.

  • Quel est le calendrier de la primaire ?

Du 1er au 15 décembre 2016 Les candidatures sont déposées auprès de la Haute Autorité des Primaires citoyennes.
17 décembre 2016 La Haute Autorité des Primaires citoyennes annonce officiellement les candidat-e‑s. La campagne officielle débute.
22 janvier 2017 1er tour du scrutin de la primaire.
29 janvier 2017 2ème tour du scrutin de la primaire.
5 février 2017 Convention d’investiture du ou de la candidat‑e désigné‑e par le vote des Primaires citoyennes.
  • Qui peut voter et comment ?

Pour pouvoir voter à la primaire de la gauche, il suffit de remplir une des trois conditions suivantes : être Français et inscrit sur les listes électorales, avoir 18 ans avant l’élection présidentielle de 2017 ou, pour les mineurs (15 ans minimum) ou les étrangers, être adhérent aux partis ou organisations de jeunesse des partis organisateurs : le Parti Socialiste, l’Union des Démocrates et des Ecologistes, le Front Démocrate, Génération écologiste et le Parti écologiste.

« Les électeurs devront signer une charte des valeurs de la gauche et des écologistes », explique également Rachid Temal, co-organisateur de la primaire. La carte des bureaux de vote n’a quant à elle pas encore été établie, mais l’organisation de la primaire table sur un objectif : au moins « 8.000 » bureaux de votes.

  • Comment sera financée l’élection ?

Selon Rachid Temal, tout se passera « comme en 2011 ». Les partis participant à la primaire financeront une partie de l’organisation. Les électeurs auront également 1€ à verser lors de leur vote aux deux tours de la primaire. Au final, 50.000€ seront alloués par l’ensemble de l’organisation à chaque candidat pour qu’il organise sa campagne.

  • Comment être candidat ?

Pour pouvoir figurer sur la liste finale des candidats, le Parti socialiste a décidé de fonder un nombre de parrainages sur un ratio correspondant à 5% de chaque institution (Assemblée nationale, mairies, conseil régional…). Il faut donc obtenir, au choix, le parrainage de : 19 parlementaires, 10 élus locaux de communes de plus de 10.000 habitants, 60 conseillers régionaux et/ou départementaux ou 15 membres du conseil national du PS.

Les candidats sont ceux des partis qui ont accepté de rejoindre la primaire. Le Parti Radical de Gauche a par exemple refusé de passer par cette étape et verra l’ancienne ministre du logement Sylvia Pinel se présenter dès le premier tour de l’élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, ancien président du Parti de Gauche, se présentera lui aussi sans passer par la primaire socialiste avec son mouvement La France Insoumise.

  • Qui est candidat ?

Une ébauche de liste des candidats se dessine après le premier jour du dépôt des candidatures :

Les déclarés

Arnaud Montebourg

Par Lysandre78 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0
Par Lysandre78 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Son CV : Arnaud Montebourg a été ministre du ministère des finances rebaptisé “redressement productif” en 2012, jusqu’à sa démission en 2014, où il a goûté au monde de l’entreprise. Il a multiplié les casquettes locales en Saône-et-Loire : député, conseiller général et président du Conseil général entre 1997 et 2015.

Son programme : Sur le plan économique, l’ancien ministre privilégie le “Made in France”. Pour lui, la relance de l’économie passe par la fin de l’austérité et les PME. Son objectif ? Construire un État fort, qui doit « lutter contre les excès de la financiarisation des entreprises ». Le candidat souhaite également une refonte du traité de l’Europe pour sortir d’une libéralisation excessive au sein de la zone Euro. Autre proposition phare de son “projet France” : la lutte contre le dérèglement climatique, avec l’instauration de taxes carbone sur des produits importés qui décourageront la poursuite de la destruction planétaire.

Benoît Hamon

Par Marion Germa, CC BY-SA 4.0,
Par Marion Germa, CC BY-SA 4.0,

Son CV : Actuellement député des Yvelines et conseiller régional d’Île-de-France, Benoît Hamon a été ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation pendant près de deux ans sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en 2012, avant de passer quelques mois à l’Education, l’Enseignement Supérieur et la Recherche sous le gouvernement de Manuel Valls.

Son programme : Lors d’un meeting en août, Benoît Hamon a multiplié les propositions : réduction du temps de travail, création d’un revenu universel, promotion d’une VIe République instaurant une dose de proportionnelle et le non-cumul des mandats dans le temps… Une VIe République dont la démocratie serait « refondée », avec, par exemple, la prise en considération du vote blanc ou le droit de vote aux élections locales aux étrangers extra-communautaires.

François de Rugy

Par FDR - François de Rugy — Flickr: DERUGY111025_013, CC BY 2.0
Par FDR — François de Rugy — Flickr

Son CV : Député de Loire-Atlantique depuis 2007, François de Rugy préside le Parti écologiste et est le vice-président de l’Assemblée nationale depuis le départ de Denis Baupin en mai 2016 dans un contexte polémique : son prédécesseur avait été accusé d’agressions sexuelles à l’encontre de ses collaboratrices.

Son programme : Le candidat a surtout, pour l’instant, abordé son domaine de prédilection : l’écologie. Il veut « donner les moyens d’atteindre une production électrique 100% renouvelable d’ici 2050 », lancer « une profonde transformation du secteur des transports » avec  « zéro émission sur les routes de France d’ici 2040 ». Il fait partie des rares candidats à avoir fait la promotion des hausses d’impôts dans sa déclaration de candidature : « On ne peut financer la protection sociale, les services publics, l’éducation nationale ou les nouvelles dépenses de sécurité sans moyens ».

Marie-Noëlle Lienemann

Par Thomas Bresson — Travail personnel, CC BY 3.0
Par Thomas Bresson — Travail personnel, CC BY 3.0

Son CV : L’actuelle sénatrice de Paris a enchaîné les mandats d’élue locale en région parisienne, entre 1979 et 2011. Elle a aussi été ministre du Logement et du cadre de vie un an en 1992, sous le gouvernement de Pierre Bérégovoy, une fonction qu’elle a retrouvé sous le titre de Secrétaire d’État sous le gouvernement Jospin en 2001.

Son programme : La candidate fonde son programme sur l’idée d’une « justice sociale », comme elle l’a exprimé dans un discours en octobre dernier. Elle prévoit par exemple une « hausse immédiate » du SMIC à 1.300 euros net par mois, puis à 1.500 euros, un « plan de relance de 35 milliards d’euros » dès 2017 pour revaloriser « les petites retraites » et assurer « la mise en œuvre d’un revenu de base » destiné aux moins de 28 ans.

Jean-Luc Bennahmias

Par Matthieu Riegler, CC-by, CC BY 3.0
Par Matthieu Riegler, CC-by, CC BY 3.0

Son CV : L’ancien conseiller régional en Provence-Alpes-Côtes-d’Azur et député européen est le fondateur du Front démocrate, un parti de centre gauche, après avoir été secrétaire national des Verts puis vice-président du MoDem.

Son programme : Ses ambitions sont très marquées sur le plan écologique : il est en faveur de la loi pour la transition énergétique, qu’il veut poursuivre, et souhaite remettre l’écologie au coeur des décisions de politiques publiques. Le candidat s’est déclaré dans une tribune en octobre 2012 en faveur de la légalisation du cannabis.

Pierre Larrouturou

Par Marie-Lan Nguyen — Travail personnel, CC BY 3.0
Par Marie-Lan Nguyen — Travail personnel, CC BY 3.0

Son CV : Économiste de formation, il a été conseiller régional d’Île-de-France avant de fonder le parti de gauche Nouvelle Donne en 2013. Il a annoncé sa candidature dans un entretien au Parisien jeudi 1er décembre.

Son programme : Celui qui fait partie des économistes « qui avaient annoncé la crise de 2008 », selon Marianne, prône la semaine de travail à 32 heures. Il propose également de « sauver le climat, en proposant un plan Marshall de 1.000 Mds€, au niveau européen ». Sur le plan européen, justement, il préconise une refonte de l’union « en redémarrant avec neuf ou dix pays et en se donnant deux ans pour avoir des nouveaux traités ».

Et les autres…

D’autres noms moins prestigieux ont été évoqués depuis l’annonce de l’organisation de la primaire à gauche, comme Fabien Verdier, secrétaire national du PS chargé du pôle « Production et répartition des richesses », ou encore Régis Passerieux, ancien maire d’Agde (Hérault) et ex-secrétaire national du PS aux relations internationales. Un élu de Mayotte ambitionne lui aussi de participer à la primaire : il s’agit de Sidi Hamada-Hamidou, du Parti Radical de Gauche. Mais tous ces élus ont moins de chances que leurs concurrents d’obtenir les parrainages nécessaires pour confirmer leur candidature.

Les non-déclarés

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D’autres candidatures peuvent également s’annoncer jusqu’au 15 décembre. Manuel Valls le premier. Dans une interview au JDD, il s’est dit “prêt” pour une éventuelle candidature, et a affirmé “se préparer” pour l’élection. Claude Bartolone avait abondé en son sens la veille, en lançant l’appel d’une primaire très ouverte, incluant François Hollande, Manuel Valls, mais aussi Jean-Luc Mélenchon. Depuis la dernière déclaration jeudi de François Hollande, qui ne compte pas briguer un second mandat, la voie est grande ouverte pour le Premier ministre.

Christiane Taubira, elle, a le soutien de près de 70.000 personnes qui ont signé une pétition en faveur de sa candidature. Une candidature qui serait soutenue par Claude Bartolone lui-même si elle était confirmée. L’ancienne Garde des Sceaux avait laissé entendre ne pas vouloir se présenter face à François Hollande. Mais, du côté de l’intéressée, au lendemain de l’annonce du président de la République, les indices restaient faibles.