Vincent Lambert : la justice confirme l’attribution de la tutelle à son épouse

L'épouse de Vincent Lambert, favorable à l'arrêt des soins, reste sa tutrice pour dix ans. La famille s'affronte en justice depuis l'accident l'ayant laissé tétraplégique en 2008.

C’est un véritable désaveu pour ses parents, qui se battent en justice pour le maintenir en vie. La Cour de cassation a rejeté jeudi le pourvoi des époux Lambert contre la tutelle accordée à leur belle‐fille Rachel. L’épouse de Vincent Lambert, favorable à l’arrêt des soins, reste donc sa tutrice pour dix ans. Retour sur l’affaire.

En 2008, un accident de la circulation laisse Vincent Lambert dans un état végétatif. Le CHU de Reims où il est hospitalisé lance une procédure d’arrêt des soins en 2013. Ce choix correspond au souhait de Rachel Lambert, soutenue par six frères et soeurs de son époux. Pour eux, Vincent Lambert n’aurait pas souhaité vivre dans cet état. Les parents, catholiques traditionalistes, font appel. En 2014, le Conseil d’Etat confirme l’arrêt des soins. L’affaire arrive devant la Cour européenne des droits de l’homme. Elle confirme cette décision, et estime que sa mise en oeuvre ne violerait pas le droit à la vie du tétraplégique.

Les parents de Vincent, ainsi qu’une de ses soeurs et un demi‐frère, affirment que le patient n’est ” pas en fin de vie “, mais lourdement handicapé. Ils diffusent en juin 2015 sur internet une vidéo montrant le patient dans son lit d’hôpital. Les images sont censées démontrer que Vincent Lambert réagit aux stimulations de son entourage. Il apparaît, les yeux mi‐clos, et une main plaque à son oreille un téléphone portable qui diffuse la voix de sa mère.

Suivant les avis de la justice, une nouvelle procédure d’arrêt des soins est lancée en 2015. Mais l’équipe médicale décide de stopper le processus en juillet de la même année. Elle estime que les conditions de ” sérénité ” requises ne sont pas suffisantes.

En mars dernier, le juge des tutelles désigne Rachel Lambert comme tutrice de son mari pour les dix prochaines années. Une décision confirmée par la cour d’appel de Reims en juillet. Les parents Lambert se pourvoient donc en cassation. D’où le résultat de ce jour.

En juin, la cour administrative d’appel de Nancy ordonne au CHU de reprendre les consultations d’experts pouvant mener à un arrêt des soins. Les parents de Vincent portent l’affaire jusqu’au Conseil d’Etat. La procédure est en cours.