Au Royaume-Uni, prison ferme pour avoir aidé un suspect des attentats de Paris

Un Britannique et un Belge ont été condamnés lundi à respectivement huit et trois ans de prison pour avoir aidé financièrement Mohamed Abrini, suspect-clé des attentats de Paris et de Bruxelle.

Complicité active ou manipulation, la justice britannique a tranché lundi 12 décembre. Le Britannique Mohammed Ali Ahmed et le Belge Zakaria Boufassil, âgés tous deux de 26 ans, ont écopé respectivement de huit et trois ans de prison. Ils ont été reconnus coupables d’avoir remis, en juillet 2015 à Birmingham, dans le centre de l’Angleterre, la somme de 3.000 livres (3.500 euros) à Mohamed Abrini, dit “l’homme au chapeau”. Abrini est un des principaux suspects des attentats de Paris et de Bruxelles.

Mohammed Ali Ahmed avait plaidé coupable devant le tribunal de Kingston, au sud-ouest de Londres, au contraire de Zakaria Boufassil, qui s’est dit victime d’une manipulation.

Les deux inculpés ont été arrêtés grâce au témoignage de Mohamed Abrini lui-même. Arrêté le 9 avril, Abrini accompagnait les deux kamikazes qui se sont fait exploser à l’aéroport de Bruxelles le 22 mars (32 morts). Ce Belgo-Marocain est également soupçonné d’avoir été le logisticien des attentats à Paris et Saint-Denis qui ont fait 130 morts le 13 novembre 2015.

L’été précédant ces attentats, Abrini avait passé plusieurs jours au Royaume-Uni pour y collecter des fonds. Selon le parquet britannique, il aurait agi sur instruction d’Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur présumé des attentats de Paris.

Jeté en pâture aux loups

L’enquête britannique visait ainsi à identifier ses complices outre-manche. Après son arrestation, Abrini avait expressément désigné Boufassil comme celui qui lui avait remis le sac contenant l’argent.  Boufassil a nié ces accusations. Il a dit avoir été “utilisé” par son co-accusé, Mohammed Ali Ahmed, et affirme n’avoir jamais rencontré Mohammed Abrini.

Boufassil a seulement reconnu avoir eu en sa possession un sac que Mohamed Ali Ahmed lui avait remis quelques jours avant la remise d’argent à Abrini. Il a assuré qu’il l’avait rendu à son co-accusé, avant que celui-ci ne rencontre “l’homme au chapeau”.

Zakaria Boufassil a par ailleurs affirmé avoir été recruté par les services britanniques de renseignement intérieur MI5 après la remise de l’argent à Abrini, avant d’être “jeté en pâture aux loups” lorsqu’il ne leur a plus servi à rien.

Selon son avocat, Boufassil a reçu jusqu’à 3.000 livres et un téléphone en échange d’informations, et a utilisé une partie de cette somme pour aller rendre visite à sa petite amie et à sa famille au Maroc. Le Belge, qui se définit comme “un musulman tolérant et modéré”, a été interpellé à son retour du Maroc le 15 avril à l’aéroport londonien de Gatwick.