Ballon d’or : Griezmann s’invite sur le podium

Donné un temps parmi les favoris pour le Ballon d'or, Antoine Griezmann finit à bonne distance des "monstres" Ronaldo et Messi. De quoi rappeler au Français le chemin qu'il lui reste à parcourir.

Il hésite pendant un moment, semble réfléchir. Le silence dure encore quelques instants, puis Antoine Griezmann donne enfin sa réponse. La personne qu’il ne veut plus revoir en 2017 ? « Cristiano Ronaldo ». Yann Barthès et le public de Quotidien se marrent. Lui esquisse un sourire, presque gêné. Sous cette bonne réponse en forme de plaisanterie se cache, pour l’attaquant de l’Atletico, une bien triste réalité.

Le Portugais a empêché, par deux fois, le Français d’obtenir un destin encore plus doré. D’abord en finale de la Ligue des Champions, puis lors de la finale de l’Euro au Stade de France. Deux matchs où le tout récent vainqueur du Ballon d’or 2016 — son quatrième depuis le début de sa carrière — a été franchement inexistant. Mais où Griezmann a raté les deux occasions les plus importantes de sa jeune carrière : un pénalty sous le maillot de l’Atletico Madrid et une tête trop décroisée avec les Bleus.

Pour autant, le joueur de 25 ans a réalisé une année 2016 exceptionnelle. Meilleur joueur et buteur de l’Euro (6 buts), l’ex-attaquant de la Real Sociedad se place sur la troisième marche du podium de ce Ballon d’or, repassé sous la coupe de France Football. Devant lui, les indéboulonnables Ronaldo et Messi, deux “monstres” selon les propres mots du Français. Dans cette prime à la statistique qu’est devenu le Ballon d’or, Griezmann est à la traîne derrière ses concurrents. Sur l’année civile 2016, il a inscrit 36 buts dont 19 en championnat. Messi, 52. Ronaldo, 51. Suarez, 46. Un gouffre.

Un manque de trophées

Un constat que résume parfaitement son entraîneur en Equipe de France, Didier Deschamps, interrogé par la chaîne L’Equipe. S’il estime que le Français a « une chance de remporter un Ballon d’or » un jour, il concède également qu’il n’est pas encore l’égal de Ronaldo et de Messi, deux joueurs « qui ont eu de la continuité » au plus haut niveau. Pour Deschamps, Griezmann commence à « bousculer un peu cette hiérarchie » mais cela ne fait que deux ans « qu’il est très performant ».

Si proche de son rêve et pourtant si loin, l’attaquant des Bleus l’a admis lui‐même dans une interview donnée au Parisien : pour espérer devenir le meilleur joueur du monde, il lui manque « des trophées ». Son palmarès n’affiche qu’un championnat de deuxième division espagnole avec la Real Sociedad et une Supercoupe d’Europe avec l’Atletico Madrid. C’est trop peu pour s’imposer comme le patron de la planète football.

Méforme depuis deux mois

Surtout, depuis quelques semaines, Griezmann cale avec son club. Fatigué et en méforme, il n’a plus inscrit le moindre but depuis deux mois. Son entraîneur Diego Simeone a pris sa défense en conférence de presse : « Les attaquants sont habitués à passer par différentes phases. Et Antoine Griezmann sait que son poste et le football sont faits de périodes. Même si les buts ne viennent pas, son jeu est extrêmement important pour l’équipe. Il réalise des choses vitales à chaque match. Il doit juste continuer à travailler, continuer à s’améliorer et tout cela va finir par payer pour lui avec ce qui le plus important : les buts ».

Une déclaration pas si anodine qui résume la marge de progression du Français. « Tant que les deux autres seront là », comme il le déclare à Téléfoot à propos de Ronaldo et Messi, le Ballon d’or reste un objectif difficilement réalisable. Après, ce sera peut‐être son heure si le magnifique perdant se transforme en un redoutable vainqueur.