Discrimination à l’embauche : le rapport accablant du ministère du Travail

Les candidats maghrébins sont discriminés par 30% des grandes entreprises, selon une étude publiée le 12 décembre par le ministère du travail.

C’est un rapport peu flatteur pour l’emploi en France. Selon le testing publié lundi 12 décembre par le ministère du Travail, dans le cadre d’une campagne nationale anti-discrimination, les candidats d’origine maghrébine seraient discriminés à l’embauche par 30% des grandes entreprises.

Entre avril et juillet, le cabinet ISM Corum a testé, pour le compte du ministère, 40 grandes entreprises de plus de 1000 salariés. La méthode : répondre à une quarantaine d’offres d’emploi, en envoyant à chaque fois deux candidatures “rigoureusement équivalentes” (sexe, âge, lieu de résidence, nationalité française, expérience, formation). L’une avec un nom à consonance “hexagonale”, l’autre à consonance “maghrébine”.

Au total, 3.000 CV ont été envoyés en réponse à 1.500 offres, pour des postes d’employés ou de managers.

Le résultat ne manque pas d’interpeller : 12 des 40 entreprises se sont rendues coupables de discrimination envers les candidatures “maghrébines”. Dans ces entreprises, le taux de réponses positives des “maghrébins” a été inférieur de 15 à 35 points à celui des “hexagonaux”.

Toutes entreprises confondues, l’écart moyen s’est élevé à 11 points : 47% des candidatures “hexagonales” ont décroché un entretien, contre seulement 36% des candidatures “maghrébines”.

Ces écarts en défaveur des candidatures “maghrébines” s’observent pour les recrutements d’employés (12 points) comme de managers (9 points), que ce soit pour les hommes (12 points) ou les femmes (10 points).

Toutefois, dans 71% des cas, les deux candidatures ont connu le même sort : aucune réponse (33%), refus (11%) ou réponse positive (27%).

Même si l’étude précise que ces résultats ne peuvent pas être extrapolés à l’ensemble des grandes entreprises, l’échantillon retenu n’étant pas représentatif, ces chiffres attestent que les discriminations continuent d’empoisonner les demandes d’emploi en France.