Présidentielle américaine : la Maison Blanche approuve une enquête sur la Russie

Donald Trump aurait peut-être gagné l'élection américaine grâce à des hackers russes. En tout cas, le soupçon est assez fort pour pousser la Maison Blanche à approuver une enquête sur le sujet.

Un soupçon de guerre froide renaît, version 2.0. La Maison Blanche a apporté lundi 12 décembre son soutien à une enquête parlementaire qui déterminera si la Russie a influencé la campagne présidentielle en menant une série de cyberattaques. L’enquête a été réclamée par plusieurs élus du Congrès.

“Nous avons de longue date apporté notre soutien sur le principe d’un examen de cette question par le Congrès”, a déclaré Josh Earnest, le porte-parole de la Maison Blanche. Selon lui, une telle enquête était “assurément justifiée” . “Il ne faut pas d’habilitation au secret défense pour comprendre à qui les cyber-activités de la Russie ont profité”, a ajouté le représentant américain.

Dans un rapport secret révélé vendredi 9 décembre par le Washington Post, la CIA a conclu que la Russie était intervenue par ses cyberattaques dans la campagne électorale dans le but précis d’aider Donald Trump à être élu, et non dans le but plus général de troubler le bon déroulement de l’élection.

Les démocrates déjà visés par des hackers russes

Pendant la campagne, la communauté du renseignement américain avait déjà accusé la Russie d’avoir piraté des partis politiques dans le but d’interférer dans l’élection. En juillet, des messages internes au parti démocrate avaient été dérobés puis diffusés, conduisant à la démission de la présidente du parti. Dans les dernières semaines avant l’élection, des milliers de messages du président de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton ont été publiés par Wikileaks, jetant une lumière crue sur les délibérations internes. A l’inverse, aucun message du parti républicain n’a été publié.

Donald Trump, lui, rejette ces accusations. Il rappelle les erreurs faites par les services secrets dans ses rapports post-11 septembre 2001 et les liens qu’ils établissaient entre Saddam Hussein et Al-Qaïda. À Moscou, on nie toute implication de la Russie. Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a dénoncé “des accusations gratuites, non professionnelles qui n’ont rien à voir avec la réalité”.