Primaire de la gauche : Najat Vallaud-Belkacem choisit Valls

La ministre de l'éducation annonce à L'Obs son soutien à l'ex-Premier ministre Manuel Valls, le seul à pouvoir "rassembler".

Je veux assumer, devant les électeurs et les citoyens, l’action menée depuis cinq ans au service du pays.” La ministre de l’éducation fait le “choix de la responsabilité” : dans une tribune publiée dans L’Obs ce lundi, Najat Vallaud-Belkacem annonce officiellement son soutien à Manuel Valls.

Selon elle, l’ex-Premier ministre est le seul capable “d’incarner le sursaut souhaité par le président de la République”, le seul à “avoir l’expérience de l’État” et le seul à pouvoir “construire et porter un projet dans lequel nous pourrons nous retrouver”.

Elle admet cependant des désaccords avec le candidat : “Manuel Valls a suscité des désaccords, et des débats. Moi, la première, j’ai eu l’occasion de dire mes différends.” On se souvient de l’opposition de la ministre aux arrêtés anti-burkini, eux-mêmes soutenus par Manuel Valls. Elle entend donc profiter de la campagne pour “lever les malentendus, dépasser ces désaccords et bâtir une offre politique fédératrice à gauche”. Najat Vallaud-Belkacem se lance ensuite dans une éloge de son candidat :

“Manuel Valls est surtout l’héritier de ces femmes et hommes de gauche qui ont le courage d’assumer jusqu’au bout l’exercice du pouvoir et ses difficultés en faisant la preuve, en actes, de la force de leurs convictions. C’est la gauche dans laquelle je me reconnais : pas seulement un lieu de contestation, mais aussi une force de transformation de la société, au service du progrès social et des valeurs de la République.”

La ministre explique aussi refuser “la désunion et la discorde dans [sa] propre famille politique” et appelle les électeurs à “ne pas se tromper d’enjeu dans les jours et les semaines qui viennent” :

L’enjeu, c’est aujourd’hui de choisir le candidat qui sera notre candidat à l’élection présidentielle, dans un rassemblement qui ira très au-delà de nos différences de sensibilité qui, aujourd’hui, nous maintiennent sans excuse dans la division et l’impuissance, et risquent de nous condamner à une défaite impardonnable.

Pas sûr qu’une gauche unie suffise à éviter le défaite. Selon les sondages, François Fillon (Les Républicains) et Marine Le Pen (Front national) apparaissent aujourd’hui comme les mieux placés pour se qualifier au second tour de l’élection présidentielle.