Polnareff passe “l’après-midi au bar”, selon son producteur

Gilbert Coullier se plaint des caprices de l'artiste et accuse à demi-mot Michel Polnareff de mentir sur son état de santé pour récupérer de ses soirées arrosées.

Je suis un homme, je suis un homme...” Alcoolique ? La semaine dernière, le chanteur Michel Polnareff affolait le pays avec son embolie pulmonaire et son “pronostic vital engagé”. Dans une interview exclusive au Point, son producteur Gilbert Coullier porte de lourdes accusations et se plaint du comportement de l’artiste. Capricieux, volubile, fêtard, alcoolique… Il soupçonne un mauvais diagnostic sur l’embolie pulmonaire et demande l’accès au dossier médical.

Le producteur attaque dur et sous-entend que l’embolie pulmonaire ne serait qu’un prétexte. Selon lui, l’annulation des concerts de la semaine dernière (notamment celui du vendredi 2 décembre à la salle Pleyel à Paris et celui du lendemain à Nantes) était liée à la gueule de bois du chanteur :

“À 16 h 30, il décide d’annuler sans même me prévenir, passe son après-midi au bar et sa soirée au restaurant de l’hôtel, puis appelle un médecin à 23 heures qui ne lui délivre pas de certificat médical et qui ne lui préconise pas d’arrêt de travail, qui l’aurait empêché d’assurer son spectacle à Nantes le samedi… Le lendemain, il décide ensuite de son propre chef d’aller à l’Hôpital américain pour se faire ausculter par le docteur Siou, un médecin généraliste choisi par son agent. Le médecin le garde en observation pour une sinusite et, le lendemain, annonce une double embolie pulmonaire avec pronostic vital réservé. Sur ce point strictement médical, il ne m’appartient pas de faire de commentaire, nous souhaiterions simplement avoir accès au dossier médical.”

Les médias avaient affirmé que le producteur avait porté plainte auprès de l’Ordre des médecins. Gilbert Coullier affirme que “c’est faux”. Il explique également la perte d’argent liée aux annulations de Polnareff — 200 000 euros par date — et désigne la tournée comme une opération non bénéficiaire. Il promet d’assumer les coûts de ces annulations “si les raisons d’annulation sont médicalement reconnues”, et laisse planer le doute sur une action en justice : “Je ne suis pas procédurier et j’espère que nos avocats respectifs s’entendront pour que nous n’allions pas jusque-là.”

Le JDD a mené une enquête sur les comportements de Michel Polnareff. Il raconte une soirée du 1er décembre très arrosée pour le chanteur, la veille de son concert parisien. Son garde du corps s’étonne : “C’était impressionnant, je ne l’avais jamais vu dans un tel état”. Il se serait même effondré sur la table. Le lendemain, alors que le public se presse déjà à la salle Pleyel, Michel Polnareff poste une vidéo sur facebook pour annuler sa venue.

Toujours selon le JDD, juste après avoir posté la vidéo, le chanteur laisse ensuite une note faramineuse au bar Peninsula à 19h02. 362 euros !

Dimanche, le médecin de Polnareff Philippe Siou avait répondu aux accusations et affirmé la véracité de l’embolie pulmonaire :

«Je ne suis pas l’ami de Michel Polnareff, je suis médecin, un technicien, un praticien. Il a été victime d’une embolie pulmonaire et son pronostic vital était engagé. J’ai fait une déclaration écrite officielle lundi dernier qui m’engage, mais engage aussi l’hôpîtal sur la base d’examens complets. Je n’ai aucun état d’âme. Lorsqu’un expert sera nommé, il constatera sur les radios que ses vaisseaux pulmonaires étaient complètement bouchés. L’hôpital fonctionne avec un système à l’américaine, très légaliste, où tout ce que nous faisons est consigné. Je suis responsable de ce dossier, mais je ne suis pas seul à avoir pris en charge Michel Polnareff.»

Il dément également la soi-disant ébriété du chanteur :

“Il n’était pas ivre quand il est arrivé, pas même imbibé, il était juste très mal. Et j’ai fait un bilan hépatique qui concluait qu’il était totalement à jeun. S’il s’était pris une cuite la veille et même jeudi soir, il y aurait eu une trace sur les examens. Et ce n’est pas le cas, ils sont formellement négatifs.”

Sur sa page Facebook, Michel Polnareff a soutenu son médecin. Il juge les attaques “intolérables” et le “remercie du fond de [ses] poumons”, pour lui avoir “sauvé la vie en dépistant les vraies raisons de cette incompréhensible fatigue”.

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