Affaire Balkany : enquête sur un mariage foncier

Une enquête pour « abus de faiblesse » a été ouverte contre Patrick Balkany en juin. Le maire Les Républicains de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) aurait célébré un mariage arrangé sur fond de transaction immobilière.

L’union interroge. Patrick Balkany, maire Les Républicains de la ville des Hauts‐de‐Seine, aurait marié un homme veuf en situation de fragilité et une employée municipale, dans le but supposé de faciliter une transaction immobilière impliquant un de ses proches. Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête pour abus de faiblesse en juin.

Pierre*, retraité d’une soixantaine d’années, et Edwige Grosso‐Giriat, documentaliste aux archives de la mairie de Levallois, se seraient rencontrés, selon les explications données mardi par Patrick Balkany sur son compte Facebook, lors d’une permanence municipale. Lui est alors veuf depuis deux ans. « Il vivait très difficilement cette épreuve », nous raconte un de ses voisins, commerçant. Pourtant, quelques mois plus tard, en juin 2014, Pierre se marie avec la documentaliste dans le plus grand secret. Les époux ont choisi comme témoins Isabelle Balkany, femme et première adjointe du maire; David‐Xavier Weiss, adjoint délégué à la jeunesse; ainsi que le mari de Sophie Deschiens, adjointe déléguée à la voirie. Avec Patrick Balkany, ils sont les seuls présents dans la salle. La famille des mariés n’est ni conviée, ni même informée de la célébration. Et les bans ne sont pas publiés.

Vente puis divorce

Les deux filles du sexagénaire apprennent ultérieurement l’union. Un élément de taille éveille leurs soupçons: huit mois après le mariage, leur père a décidé de céder son appartement à l’angle des rues Gabriel Péri et Louis‐Rouquier, à Levallois‐Perret. Sollicité de nombreuses fois par le passé, il avait toujours refusé d’envisager cette vente. Ses filles suspectent alors sa nouvelle épouse d’avoir encouragé la transaction. D’autant qu’une fois le marché conclu, le couple a divorcé. La famille de Pierre porte plainte. 

En effet, juste après la vente, l’immeuble a été détruit, pour permettre la construction d’un nouvel ensemble de vingt logements. L’appartement de Pierre était le dernier obstacle à cette opération, menée par une société de promotion immobilière gérée par… un membre du conseil municipal de la mairie de Levallois, Daniel Pétri. L’omniprésence de l’entourage du maire dans la vie de Pierre ne semble plus pouvoir être un hasard, et motive l’ouverture de l’enquête par le parquet de Nanterre.

 

Dans les rues de la municipalité des Hauts‐de‐Seine, on s’indigne. « C’est scandaleux que des élus abusent d’un homme pour son argent ! » n’hésite pas à affirmer à chaud Christine, gérante du Café de France. « Ce n’est pas la première affaire qui implique les Balkany, renchérit Sébastien Blanc, secrétaire général de l’association des contribuables de la ville. On peut s’interroger sur leur morale. » Rares sont ceux qui s’expriment ainsi. La plupart des habitants, muets, pressent le pas lorsqu’on les interroge.

Sur son compte Facebook, Patrick Balkany se défend de toute malversation, et considère cette affaire comme un simple différend familial qui ne le concerne pas. Il promet qu’il portera plainte contre tout auteur d’article le mettant en cause dans cette affaire.

*Le prénom a été modifié à la demande de la famille