Dépakine : lancement d’une action de groupe contre Sanofi

L'association des victimes de l'anti-épileptique Dépakine a annoncé le lancement d'une action de groupe contre le laboratoire pharmaceutique.

“Nous avons lancé la première phase amiable de l’action de groupe en écrivant une lettre recommandée au groupe Sanofi-Aventis France pour lui demander d’accepter sa responsabilité et d’indemniser les victimes.” Me Charles Joseph-Oudin entend tendre la main au laboratoire pharmaceutique au sujet du scandale de la Dépakine. L’avocat d’Aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) a ainsi entamé, mardi 13 décembre, la première action de ce type depuis l’autorisation de cette procédure dans le domaine de la santé.

Le scandale de la Dépakine a éclaté en septembre 2016, lorsque le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire, qui faisait suite à une enquête préliminaire menée sous son autorité depuis septembre 2015.

Risques de malformations avant la naissance

Lorsqu’une femme enceinte prend ce médicament, son enfant présente un risque élevé (de l’ordre de 10%) de malformations congénitales, mais également un risque accru d’autisme et de retards intellectuels ou moteurs, pouvant atteindre jusqu’à 40% des enfants exposés. A la fin d’août 2016, le ministère de la Santé a reconnu que plus de 14.000 femmes enceintes avaient été « exposées » entre 2007 et 2014 et a annoncé la mise en place d’un dispositif d’indemnisation des victimes.

La molécule en cause, le valproate de sodium, est considérée comme un médicament de référence, incontournable pour certains patients atteints d’épilepsie. Il est commercialisé par le laboratoire Sanofi depuis 1967, sous la marque Dépakine, mais aussi sous des marques génériques. Il est aussi prescrit aux personnes souffrant de troubles bipolaires sous les noms de Dépamine et Dépakote.

Connues depuis les années 1980, les malformations portent principalement sur le cœur, les reins, les membres, la colonne vertébrale (spina bifida) et incluent des becs-de-lièvre. Les risques neuro-développementaux ont commencé à émerger au milieu des années 1990, mais il faudra attendre 2006 pour que le médicament, indispensable chez certains patients qui ne réagissent pas aux autres antiépileptiques, soit déconseillé en cas de grossesse. Un arbitrage européen réalisé en novembre 2014 demandait à ce que l’ensemble des risques soient répertoriés.