L’invité des matinales : Peillon défend Hollande et critique Valls

Invité de la matinale de France Inter, le candidat de la primaire a longuement défendu le bilan du président de la République. Mais il avoue moins apprécier celui de l'ex-Premier ministre.

Vincent Peillon revient sur la scène politique avec “envie”. Il l’a assuré face à Patrick Cohen ce mardi sur France Inter. “Je reviens dans la politique avec devoir et plaisir. Il revenait à François Hollande de défendre le bilan de son quinquennat, mais il ne le veut pas. C’est donc un nouveau débat qui s’ouvre, et je veux en être.”

L’ancien ministre de l’Education a aussi une autre garantie: celle de ne s’engager que dans la course à la présidence de la République. Rien de plus. “J’ai été le seul à appliquer le mandat unique avec Bertrand Delanoë, a assuré le candidat. Je fais ce que je dis. Je ne ferai plus de mandat parlementaire après cela. Mais les choses publiques continueront de m’intéresser, et je participerai toujours au débat.”

Et non, sa candidature à la primaire de la Belle alliance populaire ne crée pas une nouvelle fragmentation de la gauche, selon lui. “L’issue de la primaire, c’est un candidat désigné. On offre un choix, avec des règles du jeu. La primaire, c’est une machine à produire de l’unité. La droite vient de le montrer, pourquoi serait‐ce mauvais pour nous ?” Une droite qui n’est pas une menace pour Vincent Peillon, qui l’a répété à plusieurs reprises au cours de l’interview.

Les trois grands maux du bilan Valls selon Peillon

Mais celui qui défend le bilan de François Hollande et critique celui de Manuel Valls ne fait‐il pas preuve de contradiction ? Pas tout à fait, même s’il veut mettre en avant une certaine “exigence de vérité” dans le débat à venir. Exigence qu’il applique devant Patrick Cohen, en détaillant trois points critiques. Le premier concerne la manière de gouverner de l’ancien Premier ministre : “On ne peut pas gouverner avec une base politique aussi étroite. François Bayrou nous avait tendu une main, la gauche a refusé. C’était une erreur, a asséné le candidat. Il y a aussi des méthodes qui ne vont pas : le 49.3, ce n’est pas dans la culture politique de la gauche. Aussi, nous ne nous sommes pas suffisamment concertés avec les syndicats.”

Vincent Peillon s’est aussi attaqué à l’idéologie mise en avant au sein du gouvernement Valls. “Nous avons agi sur la santé, nous avons agi sur l’école, nous avons agi sur l’environnement. Ça n’a pas été mis en avant. Le débat venu de nos rangs a commencé sur les roms et fini sur le burkini.” Un débat qui est rejeté par l’ancien ministre sous Ayrault. “Moi, j’ai une identité républicaine, démocrate, sociale et laïque. C’est une identité qui respecte les minorités.” Le candidat a d’ailleurs vivement défendu la cause des migrants, qu’il souhaite accueillir en masse en France. Dernier problème selon Peillon : le contenu de la politique menée par le pouvoir. “Pour le pacte de responsabilité, il n’aurait pas été totalement stupide d’être plus ferme sur les contreparties”, a‐t‐il suggéré.