Noël : les dix meilleurs albums à offrir à un mélomane

Bientôt Noël et ses cadeaux. Si vous avez des amis un peu hipster qui écoutent des trucs bizarres pendant les soirées, et que vous ne savez pas trop quoi leur offrir, ce top va vous sauver la vie.

L’année 2016 a été riche en émotions musicales. Des légendes comme David Bowie ou Leonard Cohen nous ont quittés. D’autres groupes ont émergé. Des mastodontes ont livré quelques albums phénoménaux. Dix oeuvres se sont démarqués par leur originalité. Voici notre top à offrir pour Noël.

10) DJ Pone — Radiant

Beatmeaker historique du rap français, DJ Pone dévoile avec Radiant un premier album bluffant, hypnotisant, à la puissance contenue mais à la force phénoménale. Mélancolique, ambiante, l’électro de Thomas Parent, passé autrefois par le collectif Birdy Nam Nam, impressionne par la virtuosité de ses nappes synthétiques parfaitement doublées par une rythmique discrète mais inspirée. Le Français sera en concert ce mercredi à la Gaîté Lyrique à Paris.

9) Public Access TV — Never Enough

Les quatre jeunes de New York ne révolutionnent pas le rock avec Never Enough. Guitare, basse, batterie, voix éraillée, des titres qui ne dépassent jamais quatre minutes. Pourtant, dès les premiers accords, la différence se fait. Les Américains proposent, avec ce premier opus, un enchaînement de tubes phénoménaux qui oscille entre Television, les Stones ou plus récemment les Palma Violets. Presque en rupture avec une époque qui prône le mélange, Public Access TV se concentre sur les fondamentaux de la pop music avec un talent indéniable.

8) Jagwar Ma — Every Now & Then 

Ils sont les héritiers des Stones Roses. Après un premier disque, Howlin, à la folie dansante et psyché, les Australiens reviennent avec un Every Now & Then qui suit d’abord la même lignée avant de tracer sa propre voix en incorporant encore plus de grosse basse à son ensemble. Encore plus ambitieux dans ses structures, le groupe s’éloigne de ses idoles de la scène Madchester pour s’aventurer dans de nouvelles contrées plus pop. Jagwar Ma enflamme l’hiver et s’impose comme une référence capable de retourner n’importe quelle salle de concert.

7) Chance The Rapper — Coloring Book

C’est l’un des albums de rap les plus orchestrés depuis bien longtemps. Le gospel‐rap de Chance The Rapper libère des sons nouveaux, des symphonies lumineuses. Loin des clichés, il cultive sa différence et son originalité. Les titres s’enchaînent comme une mélodie unique, un bloc à la solidité exceptionnelle. Coloring Book dépasse la nonchalance de son prédécesseur, Acid Rap, et amène doucement son créateur vers l’âge adulte.

6) DIIV — Is the Is Are

Dix‐sept chansons à l’équilibre parfait : DIIV passe de la shoegaze à la dreampop avec la même précision grâce à une tension permanente, une tonicité des plus furieuses. Les guitares incisives percutent une rythmique enflammée, sans respiration permise. Parfois bordélique, parfois sensible, Is the Is Are est un disque épique, fourmillant et indispensable. Un voyage fascinant.

5) Kanye West — The Life of Pablo

« Le plus grand album de tous les temps » selon son créateur à l’ego démesuré. Peut‐être pas. Mais assurément un album déstabilisant tant Kanye West prend de sérieux risques sans tomber dans le mauvais goût. Audacieux, The Life of Pablo est également complexe, joue avec l’invraisemblable, se fout des volontés des uns et des autres. Il est, comme son auteur, insaisissable, parfois incompréhensible, mais globalement généreux et tonitruant.

4) La Femme — Mystère

Et si la Femme sauvait le monde ? En tous cas, le groupe peut sauver le rock français. Il sort du lot, déploie un ton aussi kitsch que libre. Musicalement, ses aspérités cinématographiques aboutissent à des mélodies extrêmement dansantes. Branchée et accessible, électro‐pop et franchement franchouillarde, la troupe s’invente une esthétique propre et néopsychée, qui parle à tous et à toutes.

3) Justice — Woman

Le son de Justice a toujours été une claque fabuleuse. Ce Woman ne déroge pas à la règle. Éclectique, il est plein de surprises. Son objectif, nous faire danser, en toute occasion, quelque soit le rythme retenu. Les morceaux dérapent constamment vers la pop, brillent par leur instabilité aussi singulière qu’extatique. L’heavy-disco du duo est un régal, un sommet électronique. Les deux compères seront d’ailleurs à l’Accorhotel Arena en octobre prochain.

2) Frank Ocean — Blonde 

L’attente avait été très longue. Trop longue. Maintes fois repoussé, ce nouvel album aurait pu être la déception de l’année. Il s’écoute comme un chef d’oeuvre. Un disque avant‐gardiste, planant, émouvant, précis et époustouflant. Un océan de titres sublimes à l’atmosphère éblouissante. Un subtil équilibre entre pop et rap. Un ensemble maîtrisé, indélébile qui permet de poursuivre une belle histoire d’amour avec Frank Ocean.

https://www.youtube.com/watch?v=LrGO7ADeNT8

1) How To Dress Well — Care

Tom Krell, alias How To Dress Well, est un génie méconnu. Un orfèvre de la pop. Toutes ses chansons sont des tubes en puissance, à la fois mélancoliques et délicats. Avec Care, le New yorkais continue sa carrière en forme de sans faute. Les atmosphères se font plus optimistes, mais gardent ce style unique, fait de tempêtes sonores électroniques et porté par cette voix haut‐perchée si caractéristique. Fin et fort, cet opus expérimente la joie. Il ne reste plus qu’à la partager.