30 ans d’Erasmus : un programme qui crée des romances

Erasmus, le programme d'échange à l'échelle européenne, a permis à de nombreux étudiants de découvrir d'autres cultures. Mais aussi de faire des rencontres qui ont duré même après le retour en France.

Le cliché de l’auberge espagnole n’est plus seulement un cliché. En 2014, le programme d’échange d’étudiants en Europe avait permis la naissance d’un million de bébés. Il fête désormais ses trente ans. Trente ans qui ont permis la création de millions de couples, à l’internationale.

Marie et Sergei, qui ont respectivement 23 et 25 ans, en font partie. Ils sont ensemble deplus près de trois ans. Tous les deux se sont rencontrés à Oslo. Elle vient de France et étudie le commerce. Lui est d’origine russe mais a grandi au Royaume-Uni. Ils sont retrouvés ensemble, dans la même colocation. De quoi forger des liens solides. Cette relation, les deux amoureux avouent qu’ils ne l’avaient “pas prévue”. “Ça s’est fait assez naturellement”, explique Marie.

La relation dure, et ce malgré la fin de l’année d’échange en Norvège. Malgré leurs emplois du temps chargés, les deux étudiants, à qui il restait encore deux années avant la diplômation, se voient toujours. “On savait que ça allait être compliqué parce qu’on avait beaucoup de boulot, admet Marie. Mais on se voyait pendant les vacances, presque tous les un ou deux mois, lorsque moi je suis restée à Lyon et qu’il était en train d’étudier à Edimbourg.”

Edimbourg, c’est d’ailleurs la deuxième destination d’études de Marie. Celle qui est tombée amoureuse de la ville écossaise lors de ses nombreuses visites à Sergei a décidé de retenter l’aventure des études à l’étranger. Et ce alors que Sergei, lui, part à Cambridge, à 7 heures de route. Un obstacle à nouveau surmonté par le couple, qui a terminé ses études l’été dernier.

Aujourd’hui, Sergei et Marie préparent l’avenir. “On cherche du travail à Londres et on aimerait s’y installer dans l’idéal, détaille Marie. Mon couple, ce n’est pas la seule raison qui me pousse à m’installer là-bas même si ça y participe. J’étais très triste en rentrant d’Erasmus et j’avais à nouveau envie de partir. Je n’ai pas envie de vivre en France pour l’instant.”

Ils se sont installés ensemble en Slovaquie

Alvaro et Fanny, qui ont tous les deux 24 ans, n’avaient pas non plus envie de s’installer en France. Le couple franco-espagnol s’est formé à Bratislava, en Slovaquie, il y a quatre ans. Là-bas, les deux étudiants ont dû apprendre à vivre ensemble, malgré les différences culturelles. “En tant qu’espagnol, je me sens plus proche des italiens et des portugais, avoue Alvaro. Mais avec les français, nous avons un rythme de vie différent. Je mange et je vais me coucher plus tard. Cela peut paraître bête, pourtant, au quotidien, cela devient un sujet sérieux.”

Pour compenser la distance après la fin de leurs semestres d’échanges, le couple passe son temps sur Skype. “C’était devenu une routine, il m’arrivait de m’endormir devant mon ordinateur”, se rappelle Fanny. Une routine pas toujours facile à vivre. Quand on se voyait après deux mois de séparation, on avait l’impression d’être des étrangers, se souvient Alvaro. Et après quelques heures, tout redevenait normal et c’était comme si on ne s’était jamais séparé. Ces petites semaines ou week-end nous aidaient à tenir pour deux mois supplémentaires. Mais j’avoue que des fois, on a juste envie de fermer l’ordinateur et d’aller vivre sa vie de son côté.”

Mais la séparation n’a pas longtemps duré. Fanny et Alvaro se sont retrouvés, à deux reprises, en Espagne puis en Slovaquie. “Nous avons fait beaucoup d’efforts pour nous retrouver dans le même pays, assure Fanny. Par exemple, je suis allée étudier en Espagne. Aujourd’hui, nous travaillons tous les deux en Slovaquie.” Si Erasmus est temporaire, les couples que le programme crée, eux, peuvent durer.