On a vu “Star Wars : Rogue One” : le match de nos critiques

Star Wars Rogue One débarque en salles : et le spin-off de la guerre des étoiles divise déjà les spécialistes (et les autres)...

L’évènement cinéma de la semaine, c’est le retour de la saga Star Wars dans les salles. Avec un film un peu spécial : “Star Wars Rogue One” est un spin-off, détaché de la saga, destiné à enrichir l’univers (et à empocher quelques millions de dollars au passage). Le film se situe entre l’épisode 3 et l’épisode 4, et raconte l’histoire de l’équipée des Rebelles pour dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme destructrice de l’Empire.

Nos deux critiques ont vu le film, et leurs avis sont très différents…

Gabriel a beaucoup apprécié Rogue One, qui s’insère parfaitement dans la continuité de Star Wars en renouvelant la saga pour lui.

Rogue One au-delà de tous les espoirs

Sûrement la sortie ciné la plus attendue de cette fin d’année, « Rogue One » raconte l’histoire de la jeune et belle Jyn Erso qui doit dérober les plans de l’Étoile de la mort, une arme surpuissante construite par l’Empire pour détruire la Rébellion.

On avait annoncé un spin-off dans l’univers de Star Wars, on a l’impression de voir l’épisode trois et demi. «Rogue One» trouve parfaitement sa place entre le troisième et le quatrième opus de la saga de George Lucas. Après la fin du règne pacifique des «chevaliers Jedis», la Rébellion s’est mise en place et tient tête au menaçant Dark Vador et aux forces crypto-fascistes de l’Empire. Si cela peut sembler caricatural, ça ne l’est pas. Le jeune réalisateur Gareth Edwards a réussi à rendre les forces rebelles très réalistes, prêtes à tuer pour faire taire, à sacrifier des vies pour la cause et à désobéir si nécessaire. Les « gentils » ont aussi un «côté obscur» et cette contradiction fait de «Rogue One» un film plus sombre que les précédents, où les scènes de combat sont plus violentes et l’ambiance dramatique.

Trois raisons font de ce dernier Star Wars un film que tous les fans du genre doivent aller voir. D’abord, le scénario. Très bien ficelé, le récit réserve quelques surprises inattendues et s’inscrit parfaitement dans le reste de la saga. On regrette quelques facilités scénaristiques autour de la jeunesse de Jyn Erso, l’héroïne du film interprétée par Felicity Jone, mais qui se balayent vite par le rythme soutenu du récit. Ensuite, les nouveaux personnages. On apprécie tout de suite le robot K‑2SO, ancien droïde au service de l’Empire reprogrammé par l’Alliance rebelle. Il ne cesse de dire ce qu’il pense et parvient à plusieurs reprises à nous décrocher un sourire. Son tandem avec Cassian Andor (Diego Luna) nous rappelle la complicité entre Han Solo et Chewbacca dans les Star Wars IV, V et VI. Enfin, les détails. Ils ont fait le succès de la saga et sont encore une fois au rendez-vous dans ce nouvel opus. Entre les écrans de pilotage des fameux vaisseaux X‑Wings, les décors, les costumes ou même la manière de filmer, on retrouve vraiment l’esprit du premier Star Wars sorti en 1977.

///

Maurice déplore lui les faiblesses de la mise en scène de Rogue One, qui, selon lui, gâchent les bonnes intentions du film.

Rogue One : un obscur Star Wars

Des costumes sombres et l’obscurité de la photographie ne suffisent pas à réaliser un film noir. Voilà ce qu’il aurait fallu rappeler à Disney et à Gareth Edwards avant de s’attaquer à ce premier spin-off de la franchise Star Wars.

La trame narrative du film fait la jointure entre l’épisode 3 (La revanche des Sith) et le 4 (Un nouvel espoir). Jyn Erso (Felecity Jones, satisfaisante dans son rôle d’héroïne vengeresse), se lance à la recherche des plans de l’Etoile de la mort. Cette arme, capable de détruire une planète entière, est non seulement aux mains de l’Empire galactique, mené par Dark Vador, mais est aussi la création de Galen Erso, le père de Jyn (campé par un Mads Mikkelsen largement sous-utilisé).

Le film de Gareth Edwards échoue à plusieurs niveaux. Le Britannique maîtrise très mal le propos de son film et passe le plus clair de son temps à cocher les cases du cahier des charges de ses producteurs. Ce n’est pas tant une histoire de vengeance qui tient le long-métrage, mais bien les enjeux liés à la résistance et aux contradictions esthétiques qui lui sont intrinsèques. En cela, Rogue One aurait pu être une oeuvre superbe, s’il avait pris le temps de peindre ses personnages avec les couleurs de leurs ambiguïtés. Au lieu de se contenter de leur demander de prendre des airs ténébreux à chaque plan rapproché.

Les ressorts dramatiques de la narration sont expédiés tout du long. Comme si Edwards savait que pendant une heure, son film se trompait de sujet. Et le final, grandiose de maitrise tragique et scénique, le confirme : c’est quand Edwards parle de sacrifice, de cause à défendre et d’idéal, que Rogue One laisse entrevoir le film génial qu’il aurait dû être.

Du reste, Edwards a quelques délicieuses idées de mise en scène. Mais elles n’apparaissent jamais comme de véritables fulgurances. Le réalisateur se contente, pendant plus de deux heures, de faire le boulot et d’offrir d’ici et de là quelques blagues bien senties, et des références qui raviront les fans de la série. Rogue One n’apporte finalement pas grand chose à Star Wars. Si ce n’est plusieurs centaines de millions de dollars à ses producteurs.