Affaire Tapie : le parquet s’oppose à une condamnation de Christine Lagarde

Le procureur général s'est prononcé contre la condamnation de Christine Lagarde dans le cadre de l'affaire Tapie, dans le cadre duquel elle est jugée pour "négligence".

Christine Lagarde a des chances d’échapper à une condamnation. C’est en tout cas ce qu’a requis jeudi le procureur général Jean-Claude Marin après le passage de la ministre devant la Cour de justice de la République (CJR) pour “négligence” dans l’affaire de l’arbitrage Tapie. “Les charges propres à fonder une condamnation pénale” de Christine Lagarde n’étaient “pas réunies”, a‑t-il affirmé dans son réquisitoire. La décision de la CJR devrait tomber lundi.

“Les audiences n’ont pas conforté une accusation bien faible, voire incantatoire”, a estimé le représentant du ministère public, qui était déjà hostile au principe même d’un procès de l’ancienne ministre de l’Économie devant la CJR. Le procureur a d’ailleurs relevé le caractère “atypique” de ce procès dans lequel il n’y a pas eu “à proprement parler d’accusation” contre la directrice générale du Fonds Monétaire International.

Entre politique et judiciaire

“C’est à la frêle limite entre le politique et le judiciaire que vous aurez à vous déterminer”, a‑t-il dit aux trois magistrats professionnels et aux douze parlementaires qui constituent la Cour. À l’inverse du parquet, les magistrats instructeurs de la Cour avaient estimé que Christine Lagarde devait répondre devant des juges de sa “précipitation” de son “incurie”.

Christine Lagarde avait validé en 2007 le recours à un arbitrage pour solder un vieux contentieux entre Bernard Tapie et l’ancienne banque publique Crédit Lyonnais, alors qu’elle était ministre de l’Économie. En 2008, elle avait ensuite renoncé à attaquer en justice la sentence arbitrale, depuis annulée pour fraude, qui attribuait à l’homme d’affaires plus de 400 millions d’euros.