François Fillon soude la droite avant la bataille

L'organigramme de l'équipe de campagne de François Fillon a été dévoilé ce jeudi. Le candidat cherche à renouer avec la culture du chef, chérie par la droite, et s'allie à tous ses anciens adversaires de la primaire.

Bannissez les mots “juppéiste”, “lemairiste”, “sarkozyste” de votre vocabulaire. De droite, il n’y en a plus qu’une, et elle doit rapidement s’ordonner pour contrer la gauche. François Fillon a dévoilé ce jeudi son organigramme de campagne à six mois de l’élection présidentielle. L’objectif est celui du “rassemblement”, selon les mots de son directeur de campagne Patrick Stefanini, un fidèle parmi les fidèles. Ressouder une droite morcelée après cet exercice ‑nouveau pour elle- de la primaire.

Pour François Fillon, l’enjeu est important : se muer en leader, capable de mener une campagne avec ceux qui furent les adversaires de la primaire. Il faut faire bloc contre la gauche et aucune tête ne doit dépasser des rangs de la droite. L’ex-Premier ministre connaît sa famille politique, sait qu’elle est éprise de la culture du chef et qu’elle ne gagne que lorsqu’elle est unie derrière une figure charismatique. En 2007, Nicolas Sarkozy avait su concilier les différentes mouvances de la droite, des centristes aux buissonistes, avec le succès que l’on connaît. François Fillon veut rejouer la partition gagnante : il intègre Jean-Christophe Lagarde de l’UDI et distribue les postes pour ressouder la droite.

Une armée, un chef, une victoire

Les lemairistes, ralliés dès le soir du premier tour, sont récompensés de leur fidélité. Leur phare, Bruno Le Maire, devient représentant pour les affaires européennes et internationales. L’organisateur de la primaire à la gestion unanimement saluée Thierry Solère chapeautera les porte-paroles. Côté sarkozystes, François Baroin, Eric Woerth et Laurent Wauquiez sont intégrés au conseil politique, tandis qu’Eric Ciotti et Gérald Darmanin feront partie de la cellule riposte.

“Un bon chef de famille, c’est celui qui se montre un peu sourd”. Un proverbe chinois que François Fillon ne connaît peut-être pas, mais qui fait écho à sa situation actuelle. Le champion de la droite gracie ceux qui ont répandu les noms d’oiseaux, les bruits de couloirs et lui ont taillé une réputation d’ultra-réac-néo-conservateur dans l’entre-deux tours. Nathalie Kosciusko-Morizet sera conseillère politique, les juppéistes sont inclus dans l’organigramme alors que l’ancien directeur de campagne d’Alain Juppé, Gilles Boyer, est nommé trésorier. Benoist Apparu rejoint lui l’équipe des porte-paroles.

Mais un bon chef sait s’entourer de sa garde rapprochée. Aux plus fidèles reviennent les postes stratégiques : Jérôme Chartier et Bruno Retailleau sont nommés respectivement conseiller spécial et coordinateur de la campagne. Les troupes en ordre, la bataille peut commencer.