L’invité des matinales : Manuel Valls veut supprimer le 49–3

L'ancien Premier ministre et candidat à la primaire, invité de France Inter ce jeudi matin pour défendre son bilan, s'est dit prêt à réformer la constitution.

 

C’était l’arme emblématique de son mandat de Premier ministre. Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche et invité de France Inter, a promis ce jeudi de supprimer “purement et simplement” le 49–3.

 

Cet article de la Constitution, qui permet d’imposer une loi sans passer par le vote du parlement, a été utilisé à six reprises au cours de son mandat pour imposer la loi Macron et la loi Travail, vertement critiquée par l’aile gauche du PS. Un Parti socialiste qu’il se propose aujourd’hui de réunir alors que les dépôts de candidature à la primaire de la gauche se terminent ce jeudi. “L’utilisation du 49–3 est dépassée” a estimé Manuel Valls, qui s’est dit prêt à réformer la constitution dès la rentrée 2017 s’il remporte la présidentielle.

Candidat d’une gauche “qui assume ses responsabilités”, Manuel Valls a également défendu le bilan de ses cinq années passées à Matignon. “Pas de regret”, mais  “des erreurs”, comme la défiscalisation des heures supplémentaires. Une mesure instaurée sous la présidence Sarkozy, puis abrogée par François Hollande dès son arrivée à l’Elysée, que l’ancien premier ministre propose aujourd’hui de rétablir.

“TNT démocratique”

Convaincu de sa capacité à “rassembler” la gauche en vue de la présidentielle, le candidat favori des sondages a également plaidé pour une “renaissance démocratique” : consultation des électeurs en amont des projets de loi, transferts de compétences de l’Etat vers les Régions, comme le taux de CSG appliqué aux entreprises.

Interrogé sur le dossier Syrien, alors que les combats ont cessé ce matin à Alep, l’ancien chef du gouvernement s’est dit “fier” de l’action de la France dans la région. “Nous avons tous échoué à sauver Alep (…) La France était prête à bombarder : c’est le choix des américains qui a pesé”.

Et de fustiger l’action de la Russie, qui “porte une responsabilité majeure” dans la victoire du président Bachar al‐Assad. “La Russie est en train d’exacerber les tensions chiites sunnites et elle le paiera lourdement”, a‐t‐il déclaré, avant d’avertir les partisans d’un rapprochement avec Moscou : “Attention, l’indépendance de la France est essentielle : ceux qui courent derrière la Russie portent aussi une responsabilité”.

L’ancien premier ministre a également réfuté son étiquette de “candidat du système”, qu’il qualifie de “TNT démocratique”: “Il y a un seul système possible, c’est le système démocratique et républicain (…) Ceux qui pratiquent ce populisme mettent en cause le fondement de cette démocratie”.