Football

Ces footballeurs français mal-aimés chez eux mais adulés à l’étranger

A cause de leur inconstance sous le maillot des Bleus, ou de leurs mauvais comportements en dehors des terrains, de nombreux joueurs français sont vilipendés par leurs compatriotes. Alors qu'ils sont idolâtrés en dehors de nos frontières.

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Cupide voyou ou ami maladroit ? La justice a validé ce vendredi l’enquête sur le chantage à la sex-tape contre Mathieu Valbuena, notamment des écoutes litigieuses que contestait Karim Benzema. Ecarté de l’équipe de France, l’attaquant du Real Madrid pâtit d’une réputation de mauvais garçon dans son pays. Alors qu’en Espagne, il est considéré depuis plusieurs années comme un joueur accompli. Voici les exemples les plus fameux de ces footballeurs mal-aimés dans l’hexagone mais érigés en stars en dehors de nos frontières.

Karim Benzema, le patriote incompris

« C’est le pays de mes parents, c’est dans le cœur. Mais bon après sportivement, c’est vrai que je jouerai en équipe de France”.  En 2006, sur l’antenne de RMC, Karim Benzema évoque une éventuelle sélection en équipe d’Algérie d’où sont originaires ses parents. il ne s’imagine sûrement pas tout le ramdam qu’il va provoquer, accusé de mépriser la France. Cette intervention sera très largement reprise en 2016.

Non sélectionné par Didier Deschamps pour jouer l’Euro qui s’est déroulé dans lH’Hxagone l’été dernier, le Lyonnais se lâche dans Marca, journal espagnol. Il estime que Didier Deschamps a « cédé à la pression d’une partie raciste de la France ». S’en est suivi un violent lynchage médiatique, sur un joueur qui n’a pourtant eu de cesse d’affirmer son amour pour le maillot bleu. Hélas pour lui, Benzema ne chante pas non plus la Marseillaise. Alors qu’il paye bien ses impôts en France.

En Espagne, la vie sourit bien mieux à Benzema. Arrivé au Real Madrid en 2009, il s’est peu à peu fait une place de choix au sein de la “Maison Blanche”. Au point de devenir un maillon essentiel du trio des Merengues, qu’il forme avec le Portugais Cristiano Ronaldo et le Gallois Gareth Bale. Benzema a aussi pris le temps d’étoffer son palmarès (champions d’Espagne en 2012 et double vainqueur de la Ligue des champions) et est régulièrement encensé par la presse.

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Franck Ribéry, le héros balbutiant

“J’espère que la rouetourne va tourner”, “Je pense qu’on espère qu’on va gagner”. “Ch’ti Franck” prend parfois quelques liberté avec la langue française. Une faiblesse lexicale qui suscite souvent un violent mépris du public et des médias.

En 2010 et 2011, Franck Ribéry est même le sportif français le plus détesté, selon VSD. L’affaire Zahia — dans laquelle le joueur a reconnu avoir eu des relations sexuelles tarifées avec une mineure dont il ignorait l’âge -, le fiasco du Mondial 2010 et sa jalousie présumée envers Yohan Gourcuff en font la cible de toutes les critiques.

En revanche, les Allemands en ont fait une idole. Dès sa première saison au Bayern de Munich, il hérite du surnom de “Kayzer Franck” en référence à la légende du club, Franz Beckenbauer. En 10 ans, l’homme originaire de Boulogne-sur-Mer remporte 6 titres de champion d’Allemagne, une Ligue des champions (après deux finales perdues), et est nommé meilleur joueur d’Europe en 2013 par l’UEFA.

Eric Cantona, le souverain briton

L’ancien numéro 7 de Manchester United a laissé une marque indélébile sur le football britannique. Dire ceci ne suffit même pas à rendre justice aux faits. On pourrait les énumérer : élu joueur de siècle par les supporters des Red devils en 2001, seul membre non-Britannique du English Football Hall of Fame à sa fondation en 2002, élu meilleur joueur du championnat anglais qu’il a remporté à cinq reprises. Même Ken Loach lui dédiera un film (Looking for Eric), en 2009.

Mais l’homme au mono-sourcil n’a pas la même aura en France. Ses comportements arrogants et violents sur et en dehors du terrain n’ont pas ravi le public français, visiblement à la recherche d’exemplarité.

L’échec de l’équipe de France lors des éliminatoires de la Coupe du monde de 1994, après la défaite face à la Bulgarie, n’a rien arrangé. D’autant que pour préparer le Mondial suivant, celle de 98 en France, le sélectionneur Aimé Jacquet décidera de se passer de ses services. Pour faciliter l’éclosion d’un autre géant du football français, Zinedine Zidane, qui sera lui aimé en France et à travers l’Europe;

 

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