Jordan Pothain : « Je n’ai pas peur de dire la vérité »

Jordan Pothain est entré dans le paysage médiatique cet été après avoir critiqué l’attitude de Yannick Agnel qui, selon ses mots, avait « abandonné le relais » 4x200m aux Jeux olympiques de Rio. Le Grenoblois, médaillé d’argent aux Mondiaux en petit bassin la semaine dernière au Canada avec le relais 4x100m, évoque la polémique qui a suivi ses déclarations.

Suite à votre sortie contre Yannick Agnel, les médias vous sont tombés dessus. N’êtes-vous pas amer ?

Il n’y a pas d’amertume. J’aurais préféré être médiatisé pour mes résultats plutôt que pour des polémiques. Vu de l’intérieur, ça n’était pas si énorme. J’ai été surpris de l’ampleur que ça avait pris. Mes premiers mots au micro de Nelson (Monfort) ont eu l’effet d’un ouragan. L’histoire a été amplifiée par les médias, comme si c’était une guerre entre Yannick (Agnel) et moi.

Ne regrettez-vous pas vos propos ?

Non. Je me suis fait connaître comme quelqu’un qui n’a pas peur de dire la vérité, et j’ai dit la vérité devant la caméra. Mais je ne me fais pas de souci. Avec les changements qu’il y a eu en équipe de France, il ne devrait plus y avoir ce genre de problème.

Aujourd’hui, vous dites que l’équipe de France a changé…

On est en reconstruction. On a perdu les médaillés de l’âge d’or de la natation française (Manaudou, Agnel…). On repart de bien plus bas et de bien plus loin. Il faut nous laisser le temps de travailler pour aller chercher des médailles dans quelques années. Il y a plus d’échanges et de cohésion. C’est ce qui fera progresser le groupe. On fait en sorte que chacun trouve sa place, notamment avec Jérémy Stravius, le capitaine.

Personnellement, comment jugez-vous votre saison ?

Cela a été une grosse année. J’ai beaucoup travaillé et j’en ai été récompensé. La médaille avec le relais aux Mondiaux a débloqué quelque chose pour moi. J’étais le maillon faible de l’équipe. Maintenant, je vois les podiums internationaux comme un rêve qui devient accessible. Je pense déjà aux Jeux de 2020 et à la première marche, mais il va falloir travailler.

Ugo Marseille