Arianespace veut profiter des difficultés de SpaceX

Après l’explosion à son lancement d’un lanceur Falcon 9 en septembre dernier, la société fondée par Elon Musk a repris en 2017 ses vols avec succès. Pas de quoi inquiéter son concurrent européen Arianespace, qui mise beaucoup sur sa nouvelle fusée Ariane 6.

Depuis l’irruption en 2002 de l’entreprise américaine SpaceX, qui ne cesse de prendre des parts de marché à son concurrent européen Arianespace année après année, la guerre est déclarée. Le premier lanceur Falcon 9, développé par SpaceX et plus compétitif financièrement que ses concurrents, a été lancé en 2011.

L’année 2016 a cependant été une “annus horribilis” pour la société américaine de construction et de lancement de fusées spatiales. Après 8 réussites depuis le début de l’année 2016, la fusée Falcon 9 s’est écrasée sur son pas de tir en septembre dernier, la veille de la date prévue de son lancement.

Les dirigeants d’Arianespace avaient estimé que cet accident était la conséquence de la guerre des prix que SpaceX avait entamé sur le marché des lancements de fusées. “La qualité a un coût”, avait estimé à l’époque Stéphane Israël, le patron de la société française.

Un premier succès en 2017

Dans l’espoir de redorer son image, les dirigeants de SpaceX comptaient sur le nouveau lancement le 14 janvier dernier d’une fusée Falcon 9. Le succès a été total, ce qui remet la pression sur Arianespace, qui compte sur son futur lanceur Ariane 6, dont le premier lancement est prévu pour 2020, pour redevenir compétitif.

SpaceX propose en effet à ses clients un prix d’environ 50 millions d’euros pour l’envoi d’une fusée Falcon 9. Son concurrent européen, dont le lanceur vedette Ariane 5 coûte pour un lancement près de 120 millions d’euros, n’a eu d’autre choix que d’accélérer le calendrier de la commercialisation de la nouvelle fusée “low‐cost” Ariane 6, qui sera moins chère d’environ 50% à 60% que la précédente version.

“C’est certain que la compétition nous a stimulés et a accéléré les réflexions”, assurait en novembre dernier Stéphane Israël. Même si Ariane 6 reste aussi large qu’Ariane 5, le nouveau lanceur sera de même hauteur et d’une masse similaire au Falcon 9.

Comme à chaque fois pour le programme Arianne, la France est le principal financier puisqu’elle fournit 52% du bugdet de développement de la fusée, loin devant l’Allemagne (23%) et l’Italie. A terme, l’objectif est d’arriver à partir de 2020 à lancer entre dix et douze Ariane 6, selon les dirigeants d’Arianespace. Et surtout de reprendre le leadership sur SpaceX dans la guerre des lanceurs.

 

Nicolas Berrod